Le contexte
Voilà près de quatre-vingts ans que le roi d’Angleterre dispute à nos rois la couronne de France, et que la guerre, par accès, ravage les provinces du royaume. Les trêves se font et se défont ; jamais la querelle n’est éteinte.
Le roi notre sire Charles, que Dieu garde, est affligé depuis bien des années d’un mal qui le prive par moments de la conduite de ses affaires. En son absence, les grands se disputent le gouvernement du royaume : d’un côté le parti du duc d’Orléans, dit aussi d’Armagnac ; de l’autre celui du duc de Bourgogne. Cette discorde déchire le pays.
Profitant de nos divisions, le jeune roi d’Angleterre Henri a repris la guerre cet été. Il a débarqué en Normandie et mis le siège devant Harfleur, qui s’est rendu après plusieurs semaines.
Son armée usée par le siège et la maladie, Henri a renoncé à pousser plus avant et marche désormais vers Calais, place tenue par les siens, à travers les terres de Picardie et d’Artois. C’est là que l’ost du royaume s’est rassemblé pour lui couper la route.