La grande mortalité est dans nos murs
Le mal qui dévore le royaume depuis l’automne dernier, et qu’on suivait de ville en ville comme un incendie remontant du Midi, a franchi nos portes. Depuis quelques jours, on meurt dans Paris comme on mourait à Avignon et à Rouen. L’Hôtel-Dieu ne désemplit plus, les charrettes descendent vers les Saints-Innocents, et les bourgeois qui le peuvent fuient aux champs. Nous rapportons ce que nous voyons, et ce qu’on nous redit, sans pouvoir encore en mesurer la fin.