À la une
Enluminure médiévale représentant l’assaut d’Acre en 1291 : un chevalier franc en armure, monté sur un cheval blanc, décoche des traits contre une tour fortifiée où des soldats mamelouks se pressent au sommet du rempart.

Assaut sur toute l’enceinte

Anonyme, « Siège de Saint-Jean-d’Acre » (1291), miniature des « Grandes Chroniques de France » (Lyon, Bibliothèque municipale, Ms 880, f. 342v, v. 1350) — domaine public (Wikimedia Commons).

Avant le jour, ce vendredi, les Sarrasins ont porté leur assaut sur toute la longueur de nos murs, au fracas de leurs tambours. La tour Maudite a cédé, la porte Saint-Antoine est forcée, et l’ennemi s’est rué dans la ville. Nous écrivons ceci à chaud, dans le tumulte, tandis que les nôtres refluent vers le port et vers le château du Temple.

Frère Aycard d’Acre, dans la ville assiégée 18 mai 1291 6 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un homme de la terre de Tripoli, réfugié dans Acre

Un rescapé de Tripoli : « J’ai déjà fui une ville »

Recueilli dans une ruelle basse près du port, où il dort à même la pierre depuis deux ans, le témoignage d’un homme de la terre de Tripoli, chassé de chez lui quand la ville tomba, puis entassé dans Acre avec les milliers d’autres qui en réchappèrent. Aujourd’hui l’armée du sultan campe de nouveau sous des murs, et la même peur lui revient.

D’où venez-vous, et comment êtes-vous arrivé dans Acre ?

De la terre de Tripoli, d’un village au-dessus de la ville, du côté des collines. J’y tenais un lopin, quelques oliviers, un peu de vigne, comme mon père avant moi. Nous n’étions pas des seigneurs, entendez-le bien : des gens de la terre, nés là, qui payaient leur redevance et labouraient. Quand la ville a été prise, voici deux ans, il n’y a plus eu de retour possible pour nous : la campagne était à l’armée du sultan, nos maisons brûlées ou prises. Ceux qui ont pu gagner la côte se sont jetés sur les barques. J’ai eu cette chance, si c’en est une. On m’a débarqué ici, à Acre, avec des centaines d’autres, et je n’en suis plus reparti.

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6 avril 12919 min

Un patron de barque du port d’Acre

Un patron de barque d’Acre : « Une place valait ce qu’un homme avait sur lui »

Recueilli à Chypre, quelques jours après la chute d’Acre, le récit d’un homme qui menait sa barque entre le port en feu et les grands vaisseaux du large. Qui montait, qui restait sur le môle, ce que coûtait la traversée quand la ville brûlait : l’envers marchand d’une déroute, dit sans fard par celui qui en a tiré profit.

Où étiez-vous le matin où les Sarrasins ont percé les murs ?

Dans le port, où voulez-vous que je sois. J’y ai passé toutes ces semaines de siège, comme les autres bateliers, à attendre de voir de quel côté tournerait la chose. On entendait les grands trébuchets battre les murailles nuit et jour, et l’on savait bien qu’un matin la digue de pierre céderait quelque part. Ce matin-là, il y a eu d’abord une rumeur, puis des cris qui couraient de rue en rue, puis des gens qui dévalaient vers l’eau en jetant ce qu’ils portaient. On n’avait pas besoin qu’on nous explique. Quand vous voyez une foule courir toute dans le même sens, vous savez que la ville est perdue par-derrière elle.

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23 mai 12919 min

Un frère du Temple, survivant du réduit

Un frère du Temple : « Nous avons tenu dix jours après la ville »

Recueilli à Chypre, parmi les derniers échappés du château du Temple, le témoignage d’un frère qui a combattu au réduit jusqu’aux jours de la fin : la ruée vers la pointe du couchant quand la ville fut perdue, la trêve offerte puis rompue dans le sang, la tête du maréchal Pierre de Sévery, et la mer qui l’a porté hors d’Acre avant que la dernière tour, minée, ne s’ouvre sous les défenseurs et les Sarrasins mêlés.

Comment vous êtes-vous trouvé dans le château du Temple ?

Comme tous ceux qui y sont entrés : parce qu’il ne restait rien d’autre. Le matin de l’assaut, quand la porte Saint-Antoine eut cédé et que les Sarrasins furent dans les rues, tout ce qui pouvait courir courait vers le port. J’étais aux murs avec les frères ; nous avons reculé pied à pied vers la pointe du couchant, où est notre maison. C’est une forte place, close de tours, que la mer bat de trois côtés et qui ne tient à la ville que par un front de terre. Nous nous y sommes reserrés, ce qui restait de l’ordre, des frères de l’Hôpital, des Teutoniques, et derrière nous une foule que je n’ose nombrer, des femmes, des enfants, des vieillards, tous ceux que la ruée du port n’avait pu jeter sur un navire à temps. Nous avons barré le front de terre et nous nous sommes dit qu’il faudrait bien nous tuer là.

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28 mai 129111 min

Articles secondaires

Portrait

Deux chevaliers d’Occident au premier rang

Ils ne sont ni du royaume ni de ses barons, mais on les voit sortir des portes la nuit, la lance au poing, contre les machines des Infidèles. Le sire Othon de Grandson et messire Jean de Grailly, venus l’un des monts de Savoie, l’autre de Gascogne, tous deux hommes du roi d’Angleterre, tiennent aujourd’hui l’un des premiers rangs de la défense d’Acre. Portrait de deux étrangers venus verser leur sang pour une terre qui n’est pas la leur.

22 avril 12915 min
État des informations

La chronique est tenue depuis l'intérieur d'Acre par une plume latine légère (« Sarrasins », « Infidèles ») ; cette couleur de voix ne déforme aucun fait, logé distinctement ici. La faute franque de 1290 est assumée comme cause et non gommée. Bilans en fourchette, jamais en décompte ; l'épisode du réduit signalé comme reposant sur une source unique. Aucune « fin définitive » d'Outremer n'est déclarée : l'avenir reste inconnaissable.

Ce que l’on sait

  • Le casus belli est la faute franque de l'été 1290 : le massacre de marchands sarrasins à Acre, en violation de la trêve, et le refus de la commune de livrer les coupables.
  • L'armée mamelouke d'al-Ashraf Khalil investit Acre d'une mer à l'autre dans les premiers jours d'avril 1291 ; après sape et bombardement, la ville est prise d'assaut le 18 mai 1291.
  • Guillaume de Beaujeu, grand maître du Temple, tombe à la porte Saint-Antoine le 18 mai ; le dernier réduit du Temple, à la pointe du couchant, résiste une dizaine de jours encore avant de s'effondrer (vers le 28 mai).

Ce que l’on ignore

  • Les bilans humains et matériels ne sont donnés qu'en fourchette (effectifs assiégeants énormes mais non décomptés, morts « par milliers » selon la peur) — jamais un décompte établi.
  • Le sort des autres places de la côte et l'avenir de ce qui reste d'Outremer sont, à cette date, inconnaissables ; l'Occident espère toujours revenir.

Le contexte

Acre est, depuis la reprise de Jérusalem par Saladin en 1187, la capitale de fait du royaume latin de Terre sainte : premier port, siège des ordres militaires (Temple, Hôpital, Teutoniques) et des communes italiennes (Venise, Gênes, Pise).

Les places latines voisines sont tombées coup sur coup : Antioche en 1268 devant Baybars, Tripoli en 1289 devant Qalâwûn ; Acre s'est remplie de leurs réfugiés.

L'été 1290, des croisés fraîchement débarqués massacrèrent à Acre des marchands et paysans sarrasins, en violation de la trêve ; la commune ayant refusé de livrer les coupables, le sultan Qalâwûn leva son armée — mort en chemin à l'automne, il laissa l'entreprise et le serment à son fils al-Ashraf Khalil.

Carte de la journée

  • Saint-Jean-d'Acre · Israël (Akko)

    Capitale de fait du royaume latin de Terre sainte depuis la perte de Jérusalem (1187) : premier port, siège des ordres militaires (Temple, Hôpital, Teutoniques) et des communes italiennes (Venise, Gênes, Pise). Assiégée d'une mer à l'autre par l'armée d'al-Ashraf Khalil au printemps 1291 et prise le 18 mai après un mois et demi de siège.

  • Chypre · Chypre

    Royaume des Lusignan, dernier refuge franc en mer, d'où part le secours porté à Acre par le roi Henri II en mai 1291 et vers lequel se replient les fuyards après la chute de la ville.

  • Tripoli · Liban

    Place franche de la côte, prise par Qalâwûn en 1289. Sa chute a jeté ses réfugiés dans Acre et annoncé l'offensive mamelouke contre les dernières possessions latines.

  • Tyr · Liban

    Place fortifiée du littoral, tenue par Amaury de Lusignan. Elle est évacuée sans combat dans les semaines qui suivent la chute d'Acre, lors de l'abandon de la côte franque.

  • Sidon · Liban

    Place templière du littoral où se replie Thibaud Gaudin avec le trésor de l'ordre après la chute du réduit d'Acre, avant son abandon dans l'été 1291.

Saint-Jean-d'Acre, avril 1291

Acre assiégée : la ville, ses murs, la mer

La place telle qu'un homme du rempart la voit ce mois d'avril : une double enceinte hérissée de tours du côté de la terre, la mer aux deux autres flancs, et l'armée du sultan qui s'est fermée d'une eau à l'autre pour l'investir. Le port reste ouvert sur le large ; le château du Temple, à la pointe de mer, ferme la ville comme un dernier verrou.

La double enceinte Deux murs et un fossé, côté terre

Du côté de la campagne, un mur extérieur bas double un mur intérieur plus haut, séparés d'un espace battu par le tir du mur du fond ; devant eux court le fossé. La mer garde les deux autres flancs.

Les douze tours Tour du Roi, tour Maudite, tour du Légat…

Douze tours jalonnent la ceinture, chacune au nom d'un roi ou d'un grand pèlerin bâtisseur : tour du Roi Hugues, tour de la Comtesse de Blois, tour du Légat, tour du Patriarche, tour Anglaise, tour des Allemands, tour Saint-Nicolas, et la tour dite Maudite.

Les points clefs La tour du Roi et la tour Maudite

La tour du Roi, en avant sur le mur extérieur, prend la première tous les coups. La tour Maudite, au saillant de l'enceinte intérieure, en commande le tour : qui la tiendrait tiendrait le mur.

La porte Saint-Antoine L'issue du secteur nord, vers la campagne

Grande porte de l'enceinte de terre, au nord de la ville, par où l'on gagne la campagne ; c'est un des passages que le train du sultan tient sous ses machines.

Le camp du sultan Déployé d'une mer à l'autre

L'armée d'al-Ashraf Khalil s'est rangée en arc devant l'enceinte de terre, appuyée à la mer aux deux bouts, à faible distance des murs mais hors de portée de nos traits. On la dit à quelque deux mille pas.

Les grandes machines La Victorieuse et la Furieuse, face aux tours

Deux grands trébuchets à contrepoids braqués sur les points clefs : al-Mansûrî, « la Victorieuse », venue de Hama, et al-Ghadbâne, « la Furieuse » ; autour d'elles, les mangonneaux plus prompts qu'on nomme les « Taureaux noirs ».

Le port et son môle La voie de mer, seul flanc libre

Au sud-est, le port abrité d'un môle — gardé à son entrée par la tour des Mouches — reste ouvert sur le large. Par là viennent le ravitaillement et les renforts d'outre-mer, et par là seul on peut encore aller et venir.

Le réduit du Temple Le château templier, à la pointe de mer

À l'angle ouest de la ville, sur la mer, se dresse le château fort du Temple, la plus forte maison de la place : un ouvrage à part, capable de tenir comme un réduit derrière les murs de la cité.

Incertain

L'armée paraît devant Acre

On place l'arrivée du gros de l'ost du sultan dans ces premiers jours d'avril ; la date exacte de l'investissement se dit à un ou deux jours près, selon les bouches.

Confirmé

Le camp se ferme d'une mer à l'autre

Les tentes s'étirent en arc devant l'enceinte de terre, appuyées à la mer aux deux extrémités ; la ville est investie du côté de la campagne, le port demeurant ouvert.

Rapporté

Peu de combats

On rapporte que les huit ou dix premiers jours se passent presque sans assaut, le temps que l'ennemi assoie son camp et amène ses pièces.

Confirmé

Les grandes machines en batterie

Les trébuchets démontés dans les forteresses de l'empire sont remontés devant le fossé et mis en batterie face à la tour du Roi et à la tour Maudite ; les écrans d'osier commencent à gagner vers le bord du fossé.

Plan dressé d'après ce qui est connaissable au mois d'avril, du point de vue du rempart : disposition des défenses et déploiement du camp assiégeant, sans rien préjuger de la suite du siège.

La date de l'investissement est donnée en fourchette, du 4 au 6 avril : les sources d'époque ne s'accordent pas au jour près, et les nombres (distance du camp, effectifs, machines) sont des ordres de grandeur colportés, jamais un décompte vérifiable.

Toponymie et disposition croisées sur « Siège de Saint-Jean-d'Acre (1291) », Wikipédia FR (https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Saint-Jean-d%27Acre_(1291)) et « Siege of Acre (1291) », Wikipedia EN (https://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_Acre_(1291)) : double enceinte et douze tours, tour du Roi et tour Maudite, porte Saint-Antoine, château du Temple à l'angle de mer, trébuchets nommés de Hama.

Reconstitution éditoriale : Aujourd'hui restitue le plan de la place tel qu'un défenseur pouvait le tenir en tête au début du siège, à des fins d'immersion ; les lieux et machines sont attestés, leur agencement exact sur le terrain reste sujet à la prudence des sources médiévales.

Regard en arrière

Deux siècles sur cette côte

D'année en année, la mémoire des nôtres tient le compte de cette bande de rivage disputée aux Infidèles. De la prise de Jérusalem à ce printemps devant Acre, voici, sans rien préjuger, les grandes dates que chacun ici a apprises de ses pères — une chronique du chemin parcouru, telle qu'on la garde à ce jour.

Depuis la prise de Jérusalem 1099 — près de deux cents ans

La Cité sainte fut emportée par les premiers croisés, et de cette conquête naquirent les royaumes et principautés que les Latins tiennent en Orient.

Acre, deux fois gagnée aux Francs 1104, puis reprise en 1191

Le roi Baudouin Iᵉʳ s'en empara d'abord avec l'aide des galères de Gênes ; perdue après Hattin, elle fut reconquise par les croisés du roi Richard.

Capitale du royaume depuis Jérusalem perdue Un siècle, ou peu s'en faut

Depuis que Jérusalem échappe aux nôtres, Acre est le siège du roi et le grand port par où arrivent hommes, blé et secours d'outre-mer.

Deux places tombées coup sur coup Antioche 1268, Tripoli 1289

De mémoire récente, la grande Antioche fut prise par le sultan Baybars, puis Tripoli emportée par Qalâwûn ; le rivage latin s'en trouve resserré.

Confirmé

Prise de Jérusalem

Les croisés de la première expédition emportent la Cité sainte ; de là sont nés les États latins d'Orient.

Confirmé

Acre prise par les Francs

Le roi Baudouin Iᵉʳ enlève la ville avec le concours de la flotte génoise ; elle devient l'un des grands ports du royaume.

Confirmé

Hattin : Jérusalem et Acre perdues

Après le désastre des armes chrétiennes à Hattin, Saladin reprend Jérusalem et se rend maître d'Acre.

Confirmé

Acre reprise par la croisade

Au terme d'un long siège, les croisés du roi Richard Cœur de Lion et du roi Philippe reprennent Acre, qui devient la capitale du royaume.

Confirmé

Antioche tombe devant Baybars

La grande principauté d'Antioche est emportée par le sultan Baybars ; la nouvelle a frappé tout l'Orient latin.

Confirmé

Tripoli emportée par Qalâwûn

Le comté de Tripoli tombe à son tour aux mains du sultan Qalâwûn ; bien des réfugiés de la ville sont depuis à Acre.

Rapporté

Acre, aujourd'hui

L'armée du sultan al-Ashraf Khalil est venue camper devant nos murs, d'une mer à l'autre. Ce qu'il adviendra, nul ici ne le sait encore.

Ces dates sont celles que gardent les chroniques et la mémoire des familles d'Outremer ; les années anciennes sont sûres, les circonstances de détail varient d'un récit à l'autre.

Cette frise ne regarde qu'en arrière : elle dit le chemin parcouru jusqu'à ce printemps, non ce que réserve la suite, que Dieu seul connaît.

Analyse

Contexte

D’où vient cette guerre : la trêve rompue de l’été passé

Le soudan campe sous nos murs, et déjà l’on s’interroge, dans la ville : par quelle faute en sommes-nous là ? Nous avons voulu remonter le fil sans le farder. Il ne nous mène pas à une agression sarrasine, mais à un forfait des nôtres, commis l’été dernier, la paix jurée encore fraîche. Le dire ne nous coûte pas moins qu’à un autre ; mais un chroniqueur qui tairait la cause n’écrirait plus qu’un plaidoyer.

6 avril 12916 min

Opinion

Les acteurs du moment

Sarrasins

Al-Ashraf Khalil

Sultan mamelouk d'Égypte et de Syrie, chef de l'armée assiégeante

Fils de Qalâwûn, auquel il a succédé à l'automne 1290, il conduit en personne l'armée qui assiège Acre, poursuivant la campagne engagée par son père après la prise de Tripoli en 1289. On lui prête le serment fait à son père de prendre la ville.

Sarrasins

Qalâwûn

Sultan mamelouk d'Égypte, père d'al-Ashraf Khalil (défunt)

Sultan d'Égypte et de Syrie, il prit Tripoli aux Francs en 1289 et rassembla son armée pour marcher sur Acre après la trêve rompue de 1290 ; il mourut à l'automne 1290, la campagne déjà engagée, laissant l'entreprise et le serment à son fils.

Croisés

Guillaume de Beaujeu

Grand maître de l'ordre du Temple

Issu de la maison de Beaujeu et parent des rois de France, grand maître du Temple depuis 1273, il a mené une politique de trêves avec les Mamelouks avant de prendre une large part à la défense d'Acre assiégée. Frappé d'un trait à la porte Saint-Antoine le 18 mai 1291, il mourut peu après dans la maison du Temple.

Croisés

Matthieu de Clermont

Maréchal de l'ordre de l'Hôpital

Chevalier d'Auvergne, maréchal de l'Hôpital, rescapé de la chute de Tripoli en 1289. Il resta dans Acre jusqu'au bout et tomba les armes à la main lors de l'assaut du 18 mai 1291, du côté du quartier génois.

Croisés

Henri II de Lusignan

Roi de Chypre et de Jérusalem

Jeune roi de Chypre, couronné roi de Jérusalem à Tyr en 1286. Il a quitté son île pour porter secours à Acre assiégée, débarquant le 4 mai 1291 avec des renforts et des vivres, avant de rembarquer pour Chypre au milieu du mois — départ dont on discute s'il fut découragement ou calcul.

Croisés

Amaury de Lusignan

Sire de Tyr, frère du roi

Frère du roi Henri II, seigneur de Tyr. Il se trouvait déjà à Acre avec des gens envoyés de Chypre avant l'arrivée du roi lui-même.

Croisés

Otton de Grandson

Chevalier au service du roi d'Angleterre

Chevalier issu de la maison de Grandson, dans le Pays de Vaud savoyard, et compagnon de longue date du roi Édouard Iᵉʳ d'Angleterre. On le compte parmi les chefs des sorties nocturnes menées contre l'artillerie de siège de l'ennemi.

Croisés

Jean de Grailly

Chevalier au service du roi d'Angleterre

Chevalier établi en Gascogne anglaise, au service du roi Édouard Iᵉʳ, qu'il aurait servi comme sénéchal en Guyenne comme en Terre sainte. Il conduit, avec le sire de Grandson, les sorties nocturnes des défenseurs d'Acre.

Croisés

Thibaud Gaudin

Maître de l'ordre du Temple (après le 18 mai)

Trésorier de l'ordre du Temple et l'un des derniers défenseurs d'Acre. Après la mort de Guillaume de Beaujeu le 18 mai, les frères l'ont pris pour maître. Il commanda un temps le réduit du Temple avec le maréchal Sévery, puis s'embarqua de nuit pour Sidon en emportant le trésor de l'ordre.

Croisés

Pierre de Sévery

Maréchal de l'ordre du Temple

Maréchal du Temple, l'un des chefs de la défense du réduit après la chute de la ville. Sorti pour parlementer avec le sultan afin d'épargner les civils, il aurait été décapité avec son escorte, selon les récits venus du château.

Croisés

Guillaume de Villiers

Émissaire franc auprès du sultan

L'un des deux envoyés sortis de la ville pour parlementer avec al-Ashraf Khalil. Il est revenu sans accord, le sultan n'ayant voulu entendre que la reddition sans condition.

Croisés

Guillaume de Caffran

Émissaire franc auprès du sultan

Second des deux envoyés dépêchés au camp mamelouk pour sonder les intentions du sultan. La démarche a échoué, Khalil exigeant la reddition pure et simple d'Acre.

Croisés

Le pape Nicolas IV

Souverain pontife

Après la chute de Tripoli, il fit prêcher le secours d'Acre et armer les galées qui portèrent, l'été de 1290, les renforts italiens dont la violence rompit la trêve avec le sultan.

Croisés

Nicolas de Hanape

Patriarche latin de Jérusalem, résidant à Acre

Dominicain, dernier patriarche latin de Jérusalem, il résidait à Acre. Il s'est noyé le jour de la chute de la ville, le 18 mai 1291, lorsque la barque surchargée qui devait le porter à un vaisseau chavira ; on rapporte qu'il avait voulu y embarquer plus de fuyards qu'elle n'en pouvait tenir.

Sources historiques utilisées

secondary

Siège de Saint-Jean-d'Acre (1291) — Wikipédia

Vue d'ensemble du siège : arrivée d'al-Ashraf Khalil devant Acre début avril 1291, camp d'une mer à l'autre, huit premiers jours quasi sans combat, sape et machines de Hama, chute de la ville le 18 mai, dernier réduit du Temple tombé fin mai, puis abandon de la côte franque.

secondary

Siege of Acre (1291) — Wikipedia

Version anglaise, plus détaillée sur la chronologie (sultan devant Acre le 5 avril, encerclement « from sea to sea »), les effectifs colportés (chiffres énormes rapportés, non vérifiables), la percée à la tour Maudite et la panique du port le 18 mai.

secondary

Al-Ashraf Khalil — Wikipédia

Succession de Qalâwûn (mort en 1290) par son fils al-Ashraf Khalil, à qui est attribué le serment de prendre Acre, et conduite de la campagne de 1291. Consulté pour l'identité et le rôle du chef mamelouk.

secondary

Guillaume de Beaujeu — Wikipédia

Grand maître du Temple depuis 1273, parent de la maison de France, politique de trêves avec les Mamelouks, conduite de la défense d'Acre et mort le 18 mai 1291 à la porte Saint-Antoine. Consulté pour la figure centrale de la défense.

secondary

Thibaud Gaudin — Wikipédia

Trésorier puis maître du Temple élu après la mort de Guillaume de Beaujeu ; repli de nuit sur Sidon avec le trésor de l'ordre dans les derniers jours du réduit. Consulté pour la fin de la défense templière.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique — la chronique d'Acre assiégée

Les articles sont écrits comme si une chronique était tenue depuis l'intérieur d'Acre assiégée, au printemps et à l'été 1291, sans rien préjuger au-delà de sa date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« Sarrasins », « Infidèles », foi en la guerre sainte) comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits, distincts de la ferveur. La faute franque de 1290 (trêve rompue, coupables non livrés) est assumée comme casus belli et non gommée. Bilans humains en fourchette, jamais en décompte ; l'épisode du dernier réduit du Temple, sur la source unique du Templier de Tyr, est signalé comme tel. Aucune « fin définitive » d'Outremer n'est déclarée : l'avenir reste inconnaissable.