État des informations

La chronique est tenue depuis l'ost par une plume latine (« Infidèles », « soudan ») ; cette couleur de voix ne déforme aucun fait, logé distinctement ici. La prise de Damiette est un fait ; rien de la suite de la campagne n'est préjugé.

Ce que l’on sait

  • Damiette est aux mains de l'ost du roi ; l'émir Fakhr al-Dîn a évacué la ville, prise presque sans combat.
  • L'armée fait de Damiette sa base et attend avant de s'enfoncer dans le delta.

Ce que l’on ignore

  • La suite de la campagne — marche sur Le Caire, terrain du delta, forces que le soudan opposera — n'est pas connue.
  • L'état de santé du soudan d'Égypte et l'ordonnance de sa défense demeurent obscurs.

Le contexte

Le roi de France a pris la croix et conduit son ost par mer jusqu'en Égypte, résolu à frapper la puissance du soudan au cœur de son pays plutôt que sur les rivages de Syrie.

L'armée a débarqué devant Damiette, verrou du delta du Nil ; l'émir Fakhr al-Dîn a évacué la place, que les croisés occupent aussitôt.

Damiette prise, la route de l'intérieur s'ouvre — mais l'ost s'arrête, attendant la crue et les renforts avant de marcher plus avant.

Carte de la journée

  • Damiette · Égypte (Dumyât)

    Ville forte à l'embouchure du bras oriental du Nil, verrou du delta et porte de l'Égypte du côté de la mer. Prise par l'ost croisé en juin 1249 après son évacuation par l'émir Fakhr al-Dîn, elle sert de base à la croisade et est tenue par la reine et l'arrière de l'armée pendant la campagne de l'intérieur.

  • La Mansourah · Égypte (El-Mansourah)

    Ville du delta sur le bras du Bahr al-Saghîr, sur la route de Damiette au Caire, où le pouvoir égyptien établit son camp et sa défense. Théâtre du désastre de février 1250 : l'avant-garde croisée, entraînée dans ses rues, y est prise au piège.

  • Bahr al-Saghîr · Égypte

    Bras du Nil et canal du delta courant devant La Mansourah, obstacle d'eau qui sépare l'ost croisé du camp égyptien. Son franchissement par un gué, le 8 février 1250, ouvre la charge fatale de l'avant-garde.

  • Fariskur · Égypte (Fâriskûr)

    Localité du delta entre La Mansourah et Damiette, sur la route de la retraite de l'ost. C'est près de là, en avril 1250, que l'armée croisée éprouvée par le mal et la faim est défaite et que le roi et ses frères se rendent.

  • Le Caire · Égypte (Le Caire)

    Capitale du soudan d'Égypte, objectif de la marche de l'ost croisé remontant le Nil depuis Damiette. Cœur du pouvoir ayyoubide d'où s'ordonne la défense du pays.

  • Saint-Jean-d'Acre · Israël (Akko)

    Grand port du royaume latin de Terre sainte, base arrière et point de ralliement des croisés en Orient, vers où le roi se retire après sa délivrance et la reddition de Damiette.

Le delta du Nil, de Damiette à La Mansourah

La géographie d'une remontée : le fleuve, ses branches et le gué

Le pays du Nil tel qu'un homme de l'ost l'a devant les yeux : le grand fleuve qui se sépare en plusieurs branches avant de se perdre dans la mer, Damiette assise près de l'embouchure orientale, et l'armée qui remonte le cours vers l'amont. À une journée de marche en avant, La Mansourah barre la route du Caire, protégée par un canal, le Bahr al-Saghîr, qui coupe le chemin des Francs. En aval, entre Damiette et la ville-piège, s'étire le bourg de Fariskur, sur la rive du fleuve.

De Damiette à La Mansourah Une petite journée de fleuve vers l'amont

On compte de la place prise jusqu'à la ville qui barre la route quelque chose comme une bonne journée de marche le long de la rive ; la distance se dit en journées, non en lieues comptées, et varie d'un guide à l'autre.

Les branches du Nil Un fleuve qui se divise avant la mer

À l'approche de la côte, le Nil se partage en plusieurs bras qui enferment des langues de terre basse, coupées de canaux ; Damiette commande le bras oriental, par où l'on est entré dans le pays.

Le canal Bahr al-Saghîr La coupure devant La Mansourah

Un canal joint le bras du fleuve devant la ville ; tant qu'il n'est pas franchi, l'ost reste arrêté sur la rive opposée, en vue de l'ennemi mais sans pouvoir l'atteindre. On y cherche un passage depuis des jours.

L'enlisement dans le delta Environ six mois entre les deux villes

De la prise de Damiette au début de l'été à la marche vers l'amont à l'entrée de l'hiver, l'armée est demeurée près d'un demi-an dans le pays bas, retenue par la crue du fleuve puis par l'attente des renforts. Ordre de grandeur, non un compte au jour près.

L'ost de Louis Plusieurs dizaines de milliers d'hommes

On donne l'armée du roi à quelques dizaines de milliers de combattants et de gens de suite, chevaliers, sergents et piétons mêlés ; estimation colportée au camp, jamais un dénombrement vérifiable.

Confirmé

Débarquement et prise de Damiette

La flotte croisée aborde devant Damiette ; la ville, évacuée par l'émir Fakhr al-Dîn, tombe aux mains des Francs sans le long siège qu'on redoutait. C'est la tête de pont dans le pays.

Rapporté

L'ost retenu par la crue

Le Nil monte et couvre le pays bas ; l'armée demeure autour de Damiette, dans l'attente de la décrue et des renforts d'Alphonse de Poitiers. Les semaines passent dans les eaux et la fièvre du fleuve.

Incertain

La marche vers l'amont

La crue retombée, l'ost quitte Damiette et remonte la rive vers Le Caire, l'armée à terre et les vaisseaux suivant le cours du fleuve. La date se dit à quelques jours près.

Confirmé

Le gué franchi devant La Mansourah

Un passage est trouvé sur le canal du Bahr al-Saghîr ; l'avant-garde traverse à gué au petit jour et paraît devant La Mansourah, la ville qui barre la route du Caire. Ici s'arrête ce que dit cette carte.

Les effectifs de l'ost sont donnés en fourchette et à titre d'ordre de grandeur : aucune source d'époque n'en offre un décompte sûr, les nombres colportés au camp enflent ou fondent selon les bouches.

La géographie du delta est reconstituée d'après les récits de l'expédition : le tracé exact des branches et des canaux, mouvant d'une crue à l'autre, ne se laisse pas fixer au trait près.

Carte dressée d'après ce qui est connaissable jusqu'au passage du gué : elle mène le regard de Damiette à La Mansourah et ne préjuge en rien de ce qui adviendra en amont. Fariskur n'y figure que comme un bourg de la rive, en aval, sur le chemin déjà parcouru.

Toponymie et étapes croisées sur « Septième croisade » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Septi%C3%A8me_croisade), « Siege of Damietta (1249) » (https://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_Damietta_(1249)) et « Bataille de Mansourah » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mansourah).

Onze mois en Égypte

De la prise de Damiette à la libération du roi

La chronique d'ensemble de la campagne d'Égypte, telle qu'on peut la ranger date après date une fois le roi libre : de la tête de pont enlevée à Damiette au début de l'été 1249 jusqu'à la voile prise vers Acre au mois de mai 1250. Onze mois entre le fleuve et la mer, où l'ost a passé de la conquête facile à l'enlisement, puis de la charge malheureuse à la captivité et au rachat.

Durée de la campagne Environ onze mois

De la prise de Damiette (juin 1249) au départ vers Acre (mai 1250), la campagne d'Égypte tient dans le tour d'une année, moins un mois. Compte arrondi.

L'enlisement dans le delta Près de six mois

De la prise de Damiette à la marche vers l'amont, l'armée est demeurée près d'un demi-an dans le pays bas, retenue par la crue puis par l'attente des renforts. Ordre de grandeur.

La rançon du roi Montant débattu

Une somme immense, dont on ne s'accorde pas sur le compte : les récits donnent diversement 400 000 livres tournois, 800 000 besants, un million de dinars ou encore 400 000 dinars. Aucune de ces versions ne peut être tenue pour sûre.

Confirmé

Damiette prise

La flotte croisée aborde ; la ville, évacuée par l'émir Fakhr al-Dîn, tombe sans le long siège redouté. L'ost tient sa tête de pont dans le pays du Nil.

Rapporté

L'enlisement et la crue

Le Nil monte et couvre le pays bas ; l'armée s'immobilise autour de Damiette, dans l'attente de la décrue et des renforts d'Alphonse de Poitiers.

Incertain

La marche sur Le Caire

La crue retombée, l'ost quitte Damiette et remonte la rive vers l'intérieur, en direction du Caire. La date exacte du départ varie selon les récits.

Confirmé

La charge fatale devant La Mansourah

Le gué franchi, l'avant-garde emporte le camp ennemi et se jette dans la ville sans attendre le gros de l'ost ; prise dans les rues, elle y est taillée en pièces. Robert d'Artois, frère du roi, et l'émir Fakhr al-Dîn y trouvent la mort.

Confirmé

La bataille générale

Trois jours après, l'armée du soudan attaque le camp franc établi devant la ville ; l'ost tient la place mais s'y épuise. Le maître du Temple Guillaume de Sonnac y est tué.

Rapporté

Le mal et la famine

Le ravitaillement coupé sur le fleuve, un mal ronge le camp — épuisement, gencives pourries, dents déchaussées, flux de ventre. La position devient intenable.

Confirmé

La retraite et la capture du roi

L'ost lève le camp de nuit pour regagner Damiette ; talonnée jusqu'à Fariskur, la colonne est détruite. Le roi Louis, malade, est pris avec ses frères Charles et Alphonse.

Rapporté

Régicide au Caire

Le soudan Tûrân Châh, qui menait la riposte, est tué par des chefs de sa propre soldatesque — un trouble de palais dont nul, à cette heure, ne mesure la portée.

Confirmé

Damiette rendue

Aux termes du rachat, Damiette est remise aux Égyptiens ; la reine Marguerite, qui y avait accouché, en sort avec les gens du roi.

Confirmé

Le roi libéré

Contre la reddition de Damiette et le paiement d'une part de la rançon, Louis est relâché et autorisé à quitter le pays avec ses frères et une part des captifs.

Confirmé

Arrivée à Acre

Le roi et ce qui reste de l'ost gagnent par mer Saint-Jean-d'Acre, en terre franque. Ainsi s'achève la campagne d'Égypte.

Le montant de la rançon reste incertain : les sources divergent — 400 000 livres tournois, 800 000 besants, un million de dinars, 400 000 dinars — et aucun de ces chiffres ne peut être retenu pour certain. On dit seulement une somme immense, dont on ne s'accorde pas sur le compte.

Le régicide de Tûrân Châh (2 mai 1250) est rapporté ici comme un trouble de palais, un régicide de plus dans un pays qui en a connu : nous ne préjugeons pas de ce qu'il pourra fonder ou changer.

Les dates de la mort du sultan as-Salih Ayyoub, survenue à l'automne 1249 et un temps dissimulée, varient d'un récit à l'autre (autour des 22-23 novembre) ; nous la donnons sous cette réserve.

Les chiffres de pertes et d'effectifs sont des estimations chroniquées, à tenir pour des ordres de grandeur, non pour un décompte sûr.

Chronologie croisée sur « Septième croisade » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Septi%C3%A8me_croisade), « Bataille de Mansourah » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mansourah) et « Bataille de Fariskur » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Fariskur).

Analyse

Opinion

Les acteurs du moment

Croisés

Louis IX

Roi de France, chef de la croisade

Roi de France, il a pris la croix et mené son ost par mer jusqu'en Égypte pour porter la guerre au cœur de la puissance du soudan et délivrer la Terre sainte. Chef pieux et résolu, il conduit lui-même l'armée dans le delta du Nil.

Croisés

Robert d’Artois

Comte d’Artois, frère du roi ; mène l’avant-garde à La Mansourah

Comte d'Artois et frère cadet du roi, réputé pour sa fougue au combat. Il commande l'avant-garde de l'ost qui franchit le gué et s'élance dans La Mansourah le 8 février 1250, où il trouve la mort.

Croisés

Charles d’Anjou

Comte d’Anjou, frère du roi

Comte d'Anjou et frère du roi, il commande l'un des corps de l'ost dans la campagne du delta. Fait prisonnier avec le roi lors de la reddition de l'armée.

Croisés

Alphonse de Poitiers

Comte de Poitiers, frère du roi ; conduit des renforts

Comte de Poitiers et frère du roi, il rejoint la croisade avec des renforts et tient une part de la garde du camp. Fait prisonnier avec le roi et ses frères.

Croisés

Marguerite de Provence

Reine de France ; tient Damiette pendant la captivité

Reine de France, épouse de Louis IX, demeurée à Damiette avec l'arrière de l'ost. Pendant la captivité du roi, elle y tient la place et y accouche.

Croisés

Guillaume de Sonnac

Maître de l’ordre du Temple

Maître de l'ordre du Temple, à la tête de ses chevaliers dans la campagne d'Égypte. Il est frappé dans les combats de La Mansourah et meurt des suites de ses blessures après la bataille du 11 février 1250.

Croisés

Guillaume de Longue-Épée

Comte de Salisbury, chef du contingent anglais

Comte de Salisbury, il conduit un contingent de chevaliers anglais à la croisade du roi de France. Il est tué dans la charge de l'avant-garde à La Mansourah, le 8 février 1250.

Croisés

Raoul de Coucy

Baron français

Baron français de haute maison, engagé dans l'avant-garde de l'ost. Il tombe dans la charge menée par Robert d'Artois dans les rues de La Mansourah, le 8 février 1250.

Croisés

Jean de Joinville

Sénéchal de Champagne, à l’ost du roi

Sénéchal de Champagne, seigneur présent à l'ost du roi tout au long de la campagne d'Égypte. Témoin des faits, dont le récit, dicté longtemps après, sert de source vive pour la couleur — non de parole authentique du roi.

Sarrasins

Fakhr al-Dîn

Émir ayyoubide, chef militaire du soudan

Émir de premier rang du soudan d'Égypte, il évacue Damiette devant l'ost croisé puis tient le commandement des armées et le gouvernement au moment où le pouvoir se dérobe. Il est tué à La Mansourah, le 8 février 1250.

Sarrasins

As-Salih Ayyoub

Soudan ayyoubide d’Égypte

Soudan ayyoubide d'Égypte, il organise la défense du pays contre l'ost croisé depuis La Mansourah, malgré la maladie qui le mine. Il meurt en novembre 1249, sa mort d'abord tenue secrète pour ne pas ébranler l'armée.

Sarrasins

Chajar al-Durr

Veuve du soudan ; dissimule sa mort et tient le pouvoir

Veuve du soudan as-Salih Ayyoub. À la mort de son époux, elle dissimule le décès et, avec l'émir Fakhr al-Dîn, tient les rênes du pouvoir en attendant le retour de l'héritier, maintenant l'armée en état de résister.

Sarrasins

Tûrân Châh

Fils du soudan ; conduit la riposte

Fils de as-Salih Ayyoub, appelé d'Orient pour recueillir le pouvoir à la mort de son père. Il prend la tête de la riposte égyptienne, fait porter des barques par voie de terre pour couper le ravitaillement de l'ost croisé sur le fleuve.

Sarrasins

Baybars

Chef mamelouk ; organise le piège de La Mansourah

Chef mamelouk qui monte dans l'armée du soudan, capitaine redouté. On lui prête l'ordonnance du piège tendu dans les rues de La Mansourah, où l'avant-garde franque, entraînée dans la ville, est prise et taillée en pièces.

Sources historiques utilisées

secondary

Septième croisade — Wikipédia

Vue d'ensemble de la croisade de Louis IX : préparatifs, prise de Damiette (juin 1249), remontée du Nil vers La Mansourah, désastre de février 1250, retraite, capture du roi et négociation de sa délivrance contre rançon et reddition de Damiette.

secondary

Seventh Crusade — Wikipedia

Version anglaise, plus détaillée sur la chronologie et les effectifs colportés : débarquement à Damiette, marche sur Le Caire par le bras du Bahr al-Saghîr, batailles de février 1250, coupure du ravitaillement fluvial, reddition et rançon.

secondary

Bataille de Mansourah — Wikipédia

Récit de la bataille : le gué franchi le 8 février 1250, la charge de l'avant-garde de Robert d'Artois dans la ville, le piège des ruelles, la mort de Fakhr al-Dîn, puis la contre-attaque du 11 février où l'ost tient le terrain au prix du sang.

secondary

Battle of Mansurah (1250) — Wikipedia

Version anglaise de la bataille de La Mansourah : conduite mamelouke du piège urbain, pertes lourdes des Templiers et de l'avant-garde franque, ordres de grandeur chiffrés donnés par les chroniques (à traiter comme estimations).

secondary

Bataille de Fariskur — Wikipédia

Fin de la campagne : la retraite de l'ost affaibli par le mal et la faim vers Damiette, l'attaque décisive du camp de Fariskur (avril 1250) et la reddition du roi et de ses frères aux mains du pouvoir égyptien.

secondary

Siege of Damietta (1249) — Wikipedia

Prise de Damiette en juin 1249 : le débarquement croisé, l'évacuation de la ville par l'émir Fakhr al-Dîn et son occupation quasi sans combat, base de départ de la marche sur Le Caire.

primary

Jean de Joinville, Vie de saint Louis

Témoignage du sénéchal de Champagne présent à l'ost. Source vive pour la couleur des faits, mais MÉMOIRE TARDIF, dicté environ un demi-siècle après les événements : précieux, mais on n'en tire aucune citation authentique du roi ni dialogue de captivité.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique — la chronique latine embarquée avec l'ost

Les articles sont écrits comme si une chronique était tenue au sein même de l'ost de Louis IX, de Damiette à la captivité, sans rien préjuger au-delà de sa date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« Infidèles », « Sarrasins », « soudan », foi en la guerre sainte) comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits, distincts de la ferveur. Louis IX y est un roi croisé faillible, jamais un saint. La rançon est donnée en fourchette des versions chroniquées, jamais en chiffre unique. Le « mal » de l'armée est décrit par ses symptômes (épuisement, gencives qui saignent, dents déchaussées, flux de ventre, jambes marbrées), sans terme moderne. Aucune citation du roi captif n'est forgée. Rien de l'avenir n'est déclaré.