À la une
Enluminure médiévale représentant la prise de Constantinople : des croisés en armes escaladent les tours des remparts depuis des barques amarrées au pied des murs, tandis que des chevaliers débarquent avec leurs montures et gravissent la berge à droite.

Constantinople est prise

Loyset Liédet, « Conquête de Constantinople par les croisés en 1204 », miniature des « Chroniques abrégées » de David Aubert (Bibliothèque de l’Arsenal, Ms-5090 réserve, f. 205r, v. 1450) — domaine public (Wikimedia Commons).

Ce mardi, la plus grande cité de la chrétienté est tombée entre nos mains. Après l’assaut mené hier depuis la Corne d’Or, l’usurpateur Mourtzouphle a fui la ville dans la nuit, et nos barons y sont entrés au matin. Les chefs de l’ost ont ordonné trois jours de pillage. La Croix flotte sur la ville la mieux gardée du monde.

Geoffroi le clerc, avec l’ost 13 avril 1204 6 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Gui des Vaux-de-Cernay, abbé cistercien de l’ost, chargé par le Saint-Père de lever les décimes de la croisade

L’abbé qui a défendu, au nom du pape, de porter le fer sur Zara

Le jour même où Zara se rend, l’abbé des Vaux-de-Cernay accepte de dire pourquoi il s’est dressé devant le conseil pour proclamer l’interdit du Saint-Père. Cistercien envoyé lever les décimes de la croisade, non homme de guerre, il a parlé au nom des seigneurs qui campent à l’écart et a défendu, la lettre d’Innocent à la main, d’assiéger une cité chrétienne. La ville est tombée sans qu’il ait été écouté ; il n’en retire rien de ce qu’il a dit.

Un abbé de Cîteaux dans une armée en campagne, on ne s’y attend guère. Qu’êtes-vous venu faire jusqu’ici, mon Père ?

Je ne suis pas venu pour l’épée, vous le voyez bien. Un moine ne verse pas le sang, il prie et il exhorte. Le Saint-Père, notre Père Innocent, a voulu que quelques-uns de mon ordre suivissent le pèlerinage pour lever sur les églises les deniers dont une croisade a besoin, et pour rappeler à ceux qui l’ont prise ce qu’est la croix qu’ils portent sur l’épaule. Voilà ma charge : les décimes, et la parole. J’ai prêché la délivrance du Sépulcre, j’ai reçu l’argent des fidèles, j’ai suivi les nefs. Je croyais aller vers Jérusalem, ou vers la terre d’Égypte d’où l’on peut frapper au cœur ceux qui tiennent les lieux saints. Je ne croyais pas venir camper devant une ville de chrétiens.

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24 novembre 12029 min

Un clerc latin attaché à l’ost, versé dans le droit de l’Église

Un légat entre l’interdit de Rome et l’union promise

Deux jours après le couronnement d’Alexis en Sainte-Sophie, un clerc latin attaché à l’armée accepte de parler. Il porte en lui deux fidélités qui tirent en sens contraire : la défense faite par le Saint-Père de tourner les armes contre des chrétiens, et l’espérance immense d’une seule Église, qui vient de lui être promise sur le parvis même du sacre.

Vous avez assisté au couronnement du jeune Alexis en la grande église. Qu’avez-vous ressenti ?

Un trouble, je vous l’avoue, et non la seule joie qu’on attendrait. J’ai vu un prince que nous avons rétabli monter sur le trône de son père, sous les voûtes que les Grecs tiennent pour les plus saintes de leur monde. Et j’ai pensé à ce qu’il nous avait promis pour en arriver là : que l’Église d’Orient, si longtemps séparée, reviendrait à l’obéissance du siège de Rome. Voyez-vous, un homme de ma robe attend depuis l’enfance qu’on lui dise que la déchirure sera recousue. Depuis près d’un siècle et demi, l’Orient et l’Occident se sont détournés l’un de l’autre, chacun tenant l’autre pour égaré. Et voilà qu’on me dit : cela va finir, et c’est par vous que cela finit. Comment ne pas trembler d’espérance ?

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3 août 12038 min

Un chevalier picard de l’ost

Un chevalier picard : « On nous a menés assiéger des chrétiens »

Recueilli sous les murs de Constantinople, au lendemain de la mort d’Alexis, le témoignage d’un chevalier du rang venu de Picardie : la dette qui pèse sur l’ost depuis Venise, la solde qui manque, l’étrangeté d’être là, l’arme au poing, devant une cité chrétienne, et la Terre sainte qui recule encore.

Vous avez pris la croix. Pour aller où, au juste ?

Pour la Terre sainte, pour Jérusalem, comme tout le monde. Voilà ce qu’on m’a prêché chez nous, voilà pourquoi j’ai vendu une part de ma terre et engagé le reste pour m’équiper, moi, mon cheval et mon valet. On ne m’a pas parlé de la Grèce. On ne m’a pas parlé de cette ville. Quand j’ai cousu la croix sur mon épaule, je croyais que je marcherais vers le Sépulcre. Et me voilà campé devant des murs de chrétiens, à des semaines de mer de là où je pensais aller. Comment cela s’est fait, je ne saurais vous l’expliquer par le menu : on nous a menés, et nous avons suivi.

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11 février 12048 min

Un habitant grec de Constantinople

Un Grec de Constantinople : « Vous avez pillé la ville de Dieu »

Quatre jours après la prise de la ville, nous avons recueilli, au milieu des rues encore pleines de fumée, la parole d’un habitant grec de Constantinople. Elle est celle des vaincus, et elle nous accuse. Il dit le sac, les églises dépouillées, la peur, du seul point de vue qui est le sien. Nous la rapportons telle quelle : c’est la voix de la partie adverse, non celle de notre gazette.

Vous vivez ici, dans cette ville. Qu’avez-vous vu depuis lundi ?

J’ai vu la fin d’un monde. Vous appelez cela une victoire ; nous, nous l’appelons la ruine de la Reine des villes. Lundi, vos gens ont forcé les murs du côté du port, et l’empereur qui devait nous défendre s’est enfui dans la nuit. Le matin, il n’y avait plus personne pour commander la ville, et vos soldats étaient dedans. Depuis, trois jours durant, ils ont pris tout ce qui pouvait se prendre, et brisé le reste. Cette ville avait tenu neuf cents ans sans qu’un ennemi y entrât. Ce sont des chrétiens qui l’ont ouverte.

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17 avril 12048 min

Articles secondaires

Société

Reliques et trésors prennent la route de l’Occident

Depuis la chute de la cité, les navires ne désemplissent pas de coffres, de châsses et d’objets d’or arrachés aux églises grecques. Beaucoup de nos seigneurs et de nos frères en religion y voient une translation pieuse, un sauvetage de saintes reliques trop longtemps tenues par des schismatiques. D’autres, dans la ville, n’y voient qu’un pillage. Nous rapportons ce que nous avons vu se charger sur les quais.

19 avril 12045 min
État des informations

Le journal parle en voix latine (« schismatiques », « parjures ») comme dispositif d'immersion ; les faits vivent, distincts, dans les relevés de faits. Chiffres en ordre de grandeur ; témoignage grec signalé comme partial ; aucune anticipation de l'avenir.

Ce que l’on sait

  • La dette envers Venise (un déficit de l'ordre de 34 000 marcs) et le sous-effectif de l'armée sont le moteur du détournement de la croisade, de Zara à Constantinople.
  • Alexis IV, rétabli par les croisés en 1203 contre des promesses qu'il ne peut tenir, est renversé et étranglé par Mourtzouphle en février 1204.
  • Constantinople, cité chrétienne dont le pape avait interdit l'assaut, est prise le 13 avril 1204 puis livrée à trois jours de pillage ; Baudouin de Flandre y est couronné empereur latin le 16 mai.

Ce que l’on ignore

  • Le bilan humain et matériel du sac n'est donné qu'en ordre de grandeur (de l'ordre de deux mille morts, un butin estimé à plusieurs centaines de milliers de marcs) — jamais un décompte.
  • L'avenir de l'« Empire latin » fondé sur les ruines de Byzance est, à cette date, entièrement inconnaissable.

Le contexte

La quatrième croisade a été prêchée par le pape Innocent III (1198) pour frapper l'Égypte, cœur de la puissance ayyoubide, et rouvrir par là la route de Jérusalem.

Liée à Venise par un traité de transport qu'elle n'a pu payer, l'armée croisée, très sous-effective, s'est détournée de sa route — d'abord vers Zara, puis vers Constantinople, au nom du prétendant Alexis IV.

Constantinople, capitale de l'Empire byzantin et plus grande cité de la chrétienté, est déchirée par les querelles dynastiques de la maison des Anges — un terrain saturé de rumeurs et de propagande.

Carte de la journée

  • Venise · Italie

    Cité maritime dont la flotte devait transporter la croisade vers l'Égypte. Le rassemblement insuffisant de l'été 1202 sur le Lido et la dette impayée y nouent le détournement de l'expédition.

  • Zara (Zadar) · Croatie

    Port chrétien de Dalmatie, sujet du roi de Hongrie croisé. Sa prise d'assaut par la croisade en novembre 1202, « pour payer Venise », vaut aux croisés l'excommunication d'Innocent III.

  • Constantinople · Turquie (Istanbul)

    Capitale de l'Empire byzantin, la plus grande et la plus riche cité de la chrétienté, réputée imprenable derrière sa triple enceinte. Assaillie depuis la Corne d'Or, prise le 13 avril 1204, puis mise à sac trois jours durant.

  • Corne d'Or · Turquie (Istanbul)

    Bras de mer bordant Constantinople au nord, où mouille la flotte vénitienne. C'est de là, contre les remparts maritimes les plus bas, qu'est porté l'assaut décisif du 12 avril 1204.

  • Quartier des Blachernes · Turquie (Istanbul)

    Quartier du nord-ouest de Constantinople, avec le palais impérial, contre les murs duquel se porte l'assaut. Sa prise et l'incendie qui s'y déclare décident de la chute de la ville.

  • Sainte-Sophie · Turquie (Istanbul)

    La plus vaste basilique de la chrétienté, cœur religieux de Constantinople. Profanée durant le sac selon le témoignage grec, elle est aussi le lieu du couronnement de Baudouin de Flandre le 16 mai 1204.

Quatrième croisade

Le compte qui a tout dévié

Derrière la justification de guerre sainte, un contrat de transport que l'armée n'a jamais pu honorer : la dette envers Venise, restée en déficit de plusieurs dizaines de milliers de marcs, est le moteur caché qui a mené l'ost croisé de Zara jusque sous les murs de Constantinople.

Contrat de Venise (avril 1201) 85 000 marcs d'argent

Prix convenu du transport et du ravitaillement pour un an, plus la moitie de toute conquete a venir.

Croisés attendus vs présents ~33 500 contractés, ~12 000 rassemblés

Le muster de l'été 1202 à Venise s'est révélé très sous-effectif : beaucoup de croisés ont embarqué depuis d'autres ports.

Versé par l'armée ~49 000-51 000 marcs

Malgré les bourses vidées, jointes aux deniers des chefs, la somme réunie reste en deçà du contrat.

Déficit envers Venise ~34 000 marcs

Une dette que l'ost, immobilisé sur l'île du Lido, ne peut acquitter sans un accord de rechange.

Promesses d'Alexis IV 200 000 marcs + 10 000 hommes

Plus 500 chevaliers entretenus en Terre sainte et la soumission de l'Église grecque à Rome, en échange d'un retour sur le trône.

Confirmé

Traité de Venise

Les envoyés de l'ost concluent avec la Sérénissime un contrat de transport fixé à 85 000 marcs d'argent, plus la moitié des conquêtes.

Rapporté

Le rassemblement manque à l'appel

Bien moins de croisés que prévu se présentent au Lido ; les caisses réunies restent loin du compte, l'armée est retenue par Venise, débitrice et créancière à la fois.

Confirmé

Zara, « pour éteindre la dette »

Sur proposition du doge, l'ost prend la ville chrétienne de Zara afin d'éponger une partie de ce qui reste dû à Venise.

Rapporté

L'offre du prince Alexis

Le fils du basileus déchu Isaac II Ange fait porter à l'ost une offre jugée providentielle par ceux qui pressent d'éteindre la dette : couronne à reconquérir contre subsides, troupes et ralliement de l'Église grecque à Rome.

Tous les montants sont des ordres de grandeur : les chroniques latines (Villehardouin, Robert de Clari) ne s'accordent pas au marc près, et aucun registre comptable complet ne subsiste.

Le ressort réel de la déviation vers Zara puis vers Constantinople est ce déficit financier et le pari dynastique qui a suivi — distinct, dans les faits, de la justification de croisade portée par le camp.

Corne d'Or, 12 avril 1204

Comment on prend une ville par la mer

Le dispositif de l'assaut lancé depuis la Corne d'Or : les nefs et huissiers vénitiens accostés flanc contre les remparts maritimes, des ponts volants jetés des mâts vers les tours pour y déverser les premiers hommes, droit sur le quartier des Blachernes.

Vent Vent du nord favorable

Le 12 avril, le vent pousse les nefs vénitiennes contre les remparts et fait la différence après l'échec du 9.

Flotte Nefs et huissiers vénitiens accostés aux tours

Les navires sont amarrés deux par deux pour porter plus haut les échelles et les ponts volants contre le chemin de ronde.

Ponts volants Passerelles jetées des mâts vers les tours

Suspendues au gréement, elles permettent de déverser des hommes directement sur le sommet des tours sans les escalader.

Premiers entrés ~70 hommes

Estimation composite tirée des récits ; aucun décompte fiable des tout premiers à prendre pied sur les tours.

Cible Quartier des Blachernes

Le secteur nord-ouest de l'enceinte maritime, le long de la Corne d'Or, concentre l'effort de l'assaut.

Confirmé

Premier assaut repoussé

Une première tentative contre les remparts de la Corne d'Or échoue ; les nefs ne parviennent pas à s'arrimer assez près des tours.

Confirmé

Vent favorable, second assaut

Le vent du nord se lève et pousse la flotte contre l'enceinte ; l'assaut est relancé sur le même secteur.

Confirmé

Ponts volants, tours prises

Les passerelles jetées depuis les mâts atteignent le sommet de plusieurs tours, où les premiers assaillants prennent pied.

Confirmé

Le feu est mis

Un incendie est allumé par les assaillants pour dégager leur progression et couvrir leur avance vers l'intérieur.

Rapporté

Issue encore incertaine

Les tours et un pan de rempart sont aux mains des croisés à la nuit tombée, mais le sort de la ville reste indécis à l'heure où ces lignes sont écrites.

Le dispositif (ponts volants, nefs accouplées) est reconstitué d'après les récits de participants, Villehardouin et Robert de Clari, partisans de l'entreprise franque.

Les chiffres (hommes, navires) sont des ordres de grandeur composites, jamais un décompte d'époque vérifiable.

Analyse

Analyse

Complot ou enchaînement de hasards ? Comment la Croix a pris Constantinople

La grande cité des Grecs est tombée, et notre camp campe désormais dans ses palais. Mais qu’on refasse à rebours le chemin parcouru depuis que nous avons pris la Croix, et une question demeure, que nul ici ne tranche : avons-nous suivi un dessein tramé de longue main, ou avons-nous été conduits ici de proche en proche, chaque pas commandant le suivant, sans que personne l’eût voulu au départ ? Je livre le débat tel qu’il court sous les tentes, sans prétendre le clore.

17 mai 12046 min

Opinion

Les acteurs du moment

Vénitiens

Enrico Dandolo

Doge de Venise

Doge de Venise très âgé et aveugle, créancier inflexible de la croisade. Il a négocié le traité de transport de 1201 et retient la flotte tant que la dette n'est pas soldée ; son rôle dans le détour de la croisade nourrit tous les débats.

Rome

Innocent III

Souverain pontife

Le pape qui a prêché la quatrième croisade pour frapper l'Égypte. Il a interdit d'attaquer des villes chrétiennes, excommunié les croisés après Zara, et ses lettres de 1204 sur le sac sont contradictoires — indignation et satisfaction mêlées.

Croisés

Boniface de Montferrat

Chef élu de la croisade

Marquis italien choisi pour conduire l'ost. Lié à Philippe de Souabe, beau-frère d'Alexis IV, ce qui le place au cœur du débat sur la préméditation. Écarté de la couronne impériale au profit de Baudouin, il obtiendra Thessalonique.

Croisés

Baudouin de Flandre

Comte de Flandre et de Hainaut

Grand baron croisé, élu premier empereur latin de Constantinople le 9 mai 1204 et couronné à Sainte-Sophie le 16 mai. Son avenir et celui de l'Empire latin sont, à cette date, inconnaissables.

Byzantins

Alexis IV Ange

Prétendant puis empereur byzantin

Fils d'Isaac II déposé et aveuglé par Alexis III. Réfugié en Occident, il a promis aux croisés des sommes et la soumission de l'Église grecque à Rome contre son rétablissement. Couronné en août 1203, il ne peut tenir ses promesses ; renversé et étranglé en février 1204.

Byzantins

Isaac II Ange

Empereur byzantin déposé, restauré

Empereur byzantin déposé et aveuglé par son frère Alexis III, emprisonné des années. Restauré par la croisade en juillet 1203 aux côtés de son fils Alexis IV, il meurt peu après le coup d'État de Mourtzouphle.

Byzantins

Alexis III Ange

Empereur byzantin régnant

Empereur byzantin qui avait déposé et aveuglé son frère Isaac II. Face à l'assaut croisé de juillet 1203, il s'enfuit de nuit de Constantinople, ouvrant la voie à la restauration d'Isaac et au couronnement d'Alexis IV.

Byzantins

Alexis V Doukas, dit Mourtzouphle

Usurpateur, empereur byzantin

Noble byzantin du parti anti-latin, surnommé Mourtzouphle (« aux sourcils joints »). Il renverse Alexis IV et le fait étrangler (février 1204), ceint la pourpre, puis fuit la ville la nuit de sa chute, le 12-13 avril 1204.

Croisés

Philippe de Souabe

Roi des Romains (Allemagne)

Souverain Hohenstaufen, beau-frère d'Alexis IV, soupçonné par l'historiographie d'avoir favorisé le détour de la croisade vers Constantinople au profit de son parent — un indice du débat, non une preuve.

Byzantins

Nicétas Choniatès

Haut fonctionnaire et chroniqueur grec

Dignitaire et historien byzantin, témoin et victime du sac de 1204. Son récit, unique et hostile aux Latins, est la source principale du détail des profanations — à recevoir comme témoignage d'un camp, non comme procès-verbal neutre.

Sources historiques utilisées

secondary

Quatrième croisade — Wikipédia

Vue d'ensemble de la quatrième croisade : traité de Venise (1201), dette et sous-effectif, détour par Zara, affaire d'Alexis IV, assaut et sac de Constantinople (avril 1204), fondation de l'Empire latin.

secondary

Fourth Crusade — Wikipedia

Version anglaise, plus détaillée sur les effectifs, les termes de l'accord avec Alexis IV, la chronologie des assauts des 9 et 12-13 avril 1204 et la Partitio Romaniae.

secondary

Sack of Constantinople — Wikipedia

Le sac proprement dit : trois jours de pillage, profanations rapportées par Nicétas Choniatès, dispersion des reliques, ordres de grandeur du butin et des pertes.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique — la gazette de camp de la croisade

Les articles sont écrits comme si une gazette embarquée voyageait avec l'armée croisée, de la lagune de Venise au Bosphore, sans rien préjuger au-delà de sa date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« schismatiques », « parjures », « Infidèles ») comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits, distincts de la justification. Dette, butin et pertes sont donnés en fourchette, jamais en chiffre unique ; le débat sur la préméditation du détournement est laissé ouvert.