Sans armée pour les défendre, les cités tombent
Deux semaines après le désastre des Cornes de Hattin, le royaume n'a plus d'ost pour tenir ses murs. Tibériade, Acre, et d'autres places du littoral passent aux mains de Saladin l'une après l'autre.
Deux semaines après le désastre des Cornes de Hattin, le royaume n'a plus d'ost pour tenir ses murs. Tibériade, Acre, et d'autres places du littoral passent aux mains de Saladin l'une après l'autre.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Les dates de reddition de plusieurs villes varient selon les sources ; nous les donnons à titre approximatif, en nous tenant à ce qui est connaissable ce 16 juillet.
Le royaume latin de Jérusalem a été fondé en 1099, au terme de la Première croisade, et tient depuis lors la Ville sainte et les places de la côte de Terre sainte.
Saladin, sultan qui a réuni sous une même autorité l'Égypte, Damas et Alep, encercle désormais les États francs et a rassemblé une grande armée.
Une trêve liait Francs et musulmans ; elle a été rompue au printemps 1187 par le raid de Renaud de Châtillon sur les caravanes, offrant à Saladin le motif d'une guerre ouverte.
Plateau volcanique à deux mamelons (les « Cornes ») dominant la route de Séphoris à Tibériade, à l'ouest du lac. C'est là que l'ost franc, privé d'eau, est encerclé et détruit les 3 et 4 juillet 1187.
Point d'eau et lieu de rassemblement de l'ost franc, au nord-ouest de Tibériade. C'est de là que part, le 3 juillet, la marche fatale vers Hattin, contre l'avis d'une partie des barons.
Ville et citadelle sur la rive occidentale du lac de Tibériade, tenue par la comtesse Eschiva. Son siège par Saladin est l'appât qui décide l'ost franc à marcher.
Grand port du royaume latin, sur la côte. Vidé de sa garnison pour l'ost de Saffouriyé, il capitule devant Saladin peu après Hattin.
Port du sud du royaume, sur la route d'Égypte. Il tombe aux mains de Saladin dans la cascade des redditions qui suit Hattin.
La Ville sainte, capitale du royaume latin depuis 1099. Pleine de réfugiés et presque sans chevaliers après Hattin, elle est assiégée par Saladin à partir du 20 septembre 1187.
Grande cité de Syrie, l'un des sièges du pouvoir de Saladin, vers laquelle est emportée la Vraie Croix capturée à Hattin.
Roi de Jérusalem par son mariage avec Sibylle, il commande l'ost franc qui quitte Saffouriyé pour secourir Tibériade. Encerclé aux Cornes de Hattin, il est capturé par les hommes de Saladin le 4 juillet 1187.
Salâh ad-Dîn, sultan qui a uni l'Égypte, Damas et Alep sous une même autorité et encercle les États francs. Vainqueur de la bataille de Hattin, il mène ensuite la reconquête des places latines de Terre sainte.
Comte de Tripoli et l'un des grands barons du royaume, un temps régent. À Hattin, il commande l'avant-garde et parvient à percer les lignes de Saladin pour échapper à l'encerclement.
Seigneur du Kerak et d'Outre-Jourdain, connu pour ses raids sur les caravanes et les routes du pèlerinage musulman. Sa rupture de la trêve est tenue pour l'étincelle de la guerre ; capturé à Hattin, il est exécuté sur l'ordre de Saladin.
Grand-maître de l'ordre du Temple, partisan de la ligne dure contre Saladin. Capturé à Hattin, il est épargné, quand les frères du Temple et de l'Hôpital faits prisonniers sont mis à mort.
Épouse de Raymond III et dame de Tibériade. Assiégée dans la citadelle de sa ville par Saladin pendant que l'ost marche à son secours, elle en défend la place.
Reine de Jérusalem, sœur du roi défunt Baudouin IV et épouse de Guy de Lusignan, à qui elle a fait donner la couronne. Elle demeure dans le royaume tandis que son mari mène l'ost.
Baron de premier rang du royaume, rescapé de Hattin. Il prend la tête de la défense de Jérusalem assiégée, où il adoube chevaliers des bourgeois et des écuyers pour tenir les murs.
Déroulé de la bataille du 3-4 juillet 1187 : la marche de l'ost franc depuis Saffouriyé sans eau, l'encerclement aux Cornes de Hattin, l'incendie des broussailles, la capture du roi Guy et de la Vraie Croix.
Version anglaise, plus détaillée sur les effectifs (estimations), le conseil de Saffouriyé, la percée de Raymond III, l'exécution de Renaud de Châtillon et le sort des ordres militaires.
Le siège du 20 septembre au 2 octobre 1187 : ville pleine de réfugiés, défense organisée par Balian d'Ibelin, brèche au nord-est, reddition négociée et rançon par tête.
Version anglaise du siège : négociation entre Saladin et Balian, structure de la rançon, sort des insolvables, contraste avec la prise de 1099.
Synthèse sur la campagne de Saladin en 1187 : rupture de la trêve par Renaud, manœuvre de Hattin, cascade des redditions des places côtières.
Récit de la reconquête de Jérusalem par Saladin : la modération de la reddition négociée, la rançon, l'esclavage des insolvables, la portée de l'événement.
Notice de synthèse sur la bataille de Hattin, ses causes, son déroulé et ses conséquences pour le royaume latin de Jérusalem.
Recueil de quatre récits d'époque (latins et arabes) de la bataille, utilisés pour la teneur des faits et la distance à prendre avec les formules partisanes.
Les articles sont écrits comme si une rédaction embarquée dans les États francs de Terre sainte suivait l'été 1187 au jour le jour, sans rien préjuger au-delà de sa date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« Infidèles », « Vraie Croix ») comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits. Pertes, captifs et rançons sont donnés en fourchette, jamais en chiffre unique.