Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

État des informations

Nous nous en tenons à ce qui est connaissable ce 16 juillet : la ville prise, le massacre établi mais non chiffrable, l'existence de captifs et de rançons. Nous ne préjugeons de rien au-delà.

Ce que l’on sait

  • Au lendemain de la prise, la ville est aux mains des Francs ; le pillage et la tuerie de la population, musulmans et juifs, sont un fait établi, rapporté par les vainqueurs eux-mêmes.
  • Des habitants ont été faits captifs, et l'on parle déjà de rançons.

Ce que l’on ignore

  • L'ampleur du massacre reste très incertaine : aucune source ne permet d'en fixer le nombre.
  • L'épisode d'une synagogue incendiée sur la communauté juive est rapporté, mais contesté.

Le contexte

Partie de Clermont sur l'appel du pape Urbain II en 1095, l'armée franque a pris Nicée (1097), puis Antioche (1097-1098), avant de descendre vers Jérusalem au printemps 1099.

La Ville sainte est aux mains de l'islam depuis 638 ; elle a été reprise aux Turcs seldjoukides par les Fatimides d'Égypte en août 1098, et une garnison égyptienne la tient sous le gouverneur Iftikhâr ad-Dawla.

L'ost campe devant les murailles depuis le 7 juin 1099, dans la chaleur d'été, les puits comblés et les arbres coupés alentour.

Carte de la journée

  • Jérusalem · Israël / Territoires palestiniens

    La Ville sainte, tenue par une garnison fatimide égyptienne, assiégée par l'armée franque du 7 juin au 15 juillet 1099. Ses points clés : les remparts nord et sud, la Tour de David (citadelle, à l'ouest) et l'esplanade des sanctuaires (mosquée al-Aqsa).

  • Jaffa · Israël

    Port de la côte où débarquent, le 17 juin 1099, des navires génois et anglais apportant bois, cordages et charpentiers, sans lesquels les machines de siège n'auraient pu être construites.

  • Mont des Oliviers · Israël / Territoires palestiniens

    Hauteur à l'est de Jérusalem, hors les murs, terme de la procession pénitentielle des croisés le 8 juillet 1099, où plusieurs prédicateurs haranguent l'armée.

  • Ascalon · Israël

    Place forte fatimide sur la côte, au sud, vers laquelle le gouverneur Iftikhâr ad-Dawla obtient un sauf-conduit après la reddition de la Tour de David ; base de l'armée de secours égyptienne.

Opinion

Les acteurs du moment

Indéterminé

Godefroy de Bouillon

Duc de Basse-Lotharingie, chef du camp nord

Duc de Basse-Lotharingie, l'un des principaux chefs de la Première croisade. Il commande le camp dressé devant les portes du nord, dont la tour de siège, déplacée de nuit sur un point moins défendu, atteint le rempart au matin du 15 juillet 1099.

Indéterminé

Raymond de Saint-Gilles

Comte de Toulouse (Raymond IV), chef du camp sud

Comte de Toulouse et l'un des chefs les plus puissants de l'expédition. Il commande le camp du sud, sur le mont Sion ; c'est à lui que se rend la garnison de la Tour de David le 15 juillet 1099.

Indéterminé

Iftikhâr ad-Dawla

Gouverneur fatimide de Jérusalem

Gouverneur fatimide égyptien de Jérusalem, nommé par le vizir al-Afdal Shâhânshâh. Il commande une garnison d'environ quatre cents cavaliers, fait combler les puits alentour, puis capitule à la Tour de David le 15 juillet et obtient la vie sauve et un sauf-conduit vers Ascalon.

Indéterminé

Al-Afdal Shâhânshâh

Vizir fatimide d'Égypte

Vizir tout-puissant du califat fatimide du Caire. Il a repris Jérusalem aux Turcs seldjoukides en août 1098 et y a installé son gouverneur Iftikhâr ad-Dawla ; c'est lui qui lèvera l'armée de secours égyptienne.

Indéterminé

Pierre l'Ermite

Prédicateur de la croisade

Prédicateur qui prêcha le voyage de Jérusalem et mena la première vague populaire de croisés. Devant Jérusalem, il figure parmi les prédicateurs qui haranguent l'armée au mont des Oliviers, le 8 juillet 1099.

Indéterminé

Tancrède de Hauteville

Chef normand de l'expédition

Neveu de Bohémond de Tarente, l'un des chefs normands de la croisade. Il opère au nord de la ville aux côtés de Godefroy et des deux Robert (de Flandre et de Normandie).

Sources historiques utilisées

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Siège de Jérusalem (1099) — Wikipédia

Déroulé du siège du 7 juin au 15 juillet 1099 : arrivée de l'ost, échec du premier assaut faute de machines, ravitaillement en bois par la flotte à Jaffa, construction des tours, procession du 8 juillet, assaut final et prise de la ville.

secondary

Siege of Jerusalem (1099) — Wikipedia

Version anglaise, plus détaillée sur les effectifs (estimations), la garnison fatimide, la lettre de la Geniza du Caire et l'historiographie du massacre.

secondary

Iftikhar ad-Dawla — Wikipédia

Notice sur le gouverneur fatimide égyptien de Jérusalem, nommé par le vizir al-Afdal Shâhânshâh, qui capitule à la Tour de David et obtient un sauf-conduit vers Ascalon.

primary

La prise de Jérusalem (1099) — Clio-Texte

Recueil de textes d'époque (Raymond d'Aguilers, Gesta Francorum, sources arabes) sur la prise de la ville, utilisés pour la teneur des faits et la distance à prendre avec les formules rhétoriques.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

Les articles sont écrits comme si une rédaction suivait le siège au jour le jour, du 7 juin au 16 juillet 1099, embarquée avec l'armée franque, sans rien préjuger au-delà de sa date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« Infidèles », « Ville sainte ») comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits. L'ampleur du massacre est donnée en fourchette, jamais en chiffre unique.