Jérusalem est prise
Cinq semaines après avoir campé devant ses murs, l'ost franc a percé le rempart nord ce matin. La Ville sainte est aux mains des chrétiens. La Tour de David s'est rendue ; dans les rues, la population est passée par les armes.
Cinq semaines après avoir campé devant ses murs, l'ost franc a percé le rempart nord ce matin. La Ville sainte est aux mains des chrétiens. La Tour de David s'est rendue ; dans les rues, la population est passée par les armes.
La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.
Nous nous en tenons à ce qui est connaissable ce 16 juillet : la ville prise, le massacre établi mais non chiffrable, l'existence de captifs et de rançons. Nous ne préjugeons de rien au-delà.
Partie de Clermont sur l'appel du pape Urbain II en 1095, l'armée franque a pris Nicée (1097), puis Antioche (1097-1098), avant de descendre vers Jérusalem au printemps 1099.
La Ville sainte est aux mains de l'islam depuis 638 ; elle a été reprise aux Turcs seldjoukides par les Fatimides d'Égypte en août 1098, et une garnison égyptienne la tient sous le gouverneur Iftikhâr ad-Dawla.
L'ost campe devant les murailles depuis le 7 juin 1099, dans la chaleur d'été, les puits comblés et les arbres coupés alentour.
La Ville sainte, tenue par une garnison fatimide égyptienne, assiégée par l'armée franque du 7 juin au 15 juillet 1099. Ses points clés : les remparts nord et sud, la Tour de David (citadelle, à l'ouest) et l'esplanade des sanctuaires (mosquée al-Aqsa).
Port de la côte où débarquent, le 17 juin 1099, des navires génois et anglais apportant bois, cordages et charpentiers, sans lesquels les machines de siège n'auraient pu être construites.
Hauteur à l'est de Jérusalem, hors les murs, terme de la procession pénitentielle des croisés le 8 juillet 1099, où plusieurs prédicateurs haranguent l'armée.
Place forte fatimide sur la côte, au sud, vers laquelle le gouverneur Iftikhâr ad-Dawla obtient un sauf-conduit après la reddition de la Tour de David ; base de l'armée de secours égyptienne.
Duc de Basse-Lotharingie, l'un des principaux chefs de la Première croisade. Il commande le camp dressé devant les portes du nord, dont la tour de siège, déplacée de nuit sur un point moins défendu, atteint le rempart au matin du 15 juillet 1099.
Comte de Toulouse et l'un des chefs les plus puissants de l'expédition. Il commande le camp du sud, sur le mont Sion ; c'est à lui que se rend la garnison de la Tour de David le 15 juillet 1099.
Gouverneur fatimide égyptien de Jérusalem, nommé par le vizir al-Afdal Shâhânshâh. Il commande une garnison d'environ quatre cents cavaliers, fait combler les puits alentour, puis capitule à la Tour de David le 15 juillet et obtient la vie sauve et un sauf-conduit vers Ascalon.
Vizir tout-puissant du califat fatimide du Caire. Il a repris Jérusalem aux Turcs seldjoukides en août 1098 et y a installé son gouverneur Iftikhâr ad-Dawla ; c'est lui qui lèvera l'armée de secours égyptienne.
Prédicateur qui prêcha le voyage de Jérusalem et mena la première vague populaire de croisés. Devant Jérusalem, il figure parmi les prédicateurs qui haranguent l'armée au mont des Oliviers, le 8 juillet 1099.
Neveu de Bohémond de Tarente, l'un des chefs normands de la croisade. Il opère au nord de la ville aux côtés de Godefroy et des deux Robert (de Flandre et de Normandie).
Déroulé du siège du 7 juin au 15 juillet 1099 : arrivée de l'ost, échec du premier assaut faute de machines, ravitaillement en bois par la flotte à Jaffa, construction des tours, procession du 8 juillet, assaut final et prise de la ville.
Version anglaise, plus détaillée sur les effectifs (estimations), la garnison fatimide, la lettre de la Geniza du Caire et l'historiographie du massacre.
Notice sur le gouverneur fatimide égyptien de Jérusalem, nommé par le vizir al-Afdal Shâhânshâh, qui capitule à la Tour de David et obtient un sauf-conduit vers Ascalon.
Synthèse sur la prise de la ville : contraintes matérielles du siège, machines de guerre, assaut et sac ; fourchette des estimations de morts, sans chiffre unique retenu.
Recueil de textes d'époque (Raymond d'Aguilers, Gesta Francorum, sources arabes) sur la prise de la ville, utilisés pour la teneur des faits et la distance à prendre avec les formules rhétoriques.
Les articles sont écrits comme si une rédaction suivait le siège au jour le jour, du 7 juin au 16 juillet 1099, embarquée avec l'armée franque, sans rien préjuger au-delà de sa date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« Infidèles », « Ville sainte ») comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits. L'ampleur du massacre est donnée en fourchette, jamais en chiffre unique.