À la une
Gravure du XIXe siècle montrant les divisions de chevaliers croisés sortant en rangs de la ville d’Antioche, au pied de la falaise du mont Silpius, face à la vaste armée turque massée dans la plaine.

Antioche délivrée : l’ost affamé sort du piège, l’armée de Kerbogha se débande

Gustave Doré (grav. A. Doms), « Bataille d’Antioche » (planche XVIII, Histoire des croisades, 1877) — domaine public (Wikimedia Commons).

Lundi dernier, l’ost est sorti en corps de bataille par le Pont, la sainte Lance portée en tête. Contre toute attente, l’armée du seigneur de Mossoul s’est disloquée d’elle-même ; ses émirs alliés l’ont abandonné et il a pris la fuite. Le même jour, la citadelle s’est rendue à Bohémond. Le péril est passé.

Gautier de Chartres, clerc à la suite de l’ost, dans Antioche 30 juin 1098 6 min
Entretien

Le grand entretien du jour

La parole d’un acteur du moment, pour lire la crise depuis l’intérieur.

Un sergent à pied de l’ost, homme de commune sans terre ni cheval

Devant Antioche, la faim au ventre : un sergent de l’ost raconte l’hiver

Voici bientôt trois mois que l’armée du Christ campe sous les murs d’Antioche, et l’hiver y est cruel. Les vivres manquent, les chevaux tombent, et des hommes disparaissent dans la nuit. Nous avons donné la parole à l’un de ces sergents à pied qui tiennent le siège sans être de la chevalerie : il dit la faim, le froid, les camarades qui s’en vont, et cette foi qui vacille sans jamais rompre tout à fait.

Voici bientôt trois mois que l’ost campe sous ces murs. Dis-nous d’abord ce qu’est ta vie ici, à toi qui n’es pas de la chevalerie.

Je suis sergent à pied, monseigneur, un homme de peu. Je n’ai ni cheval ni terre là-bas, seulement mes deux bras et la foi qui m’a mis en chemin. Ma vie au camp, c’est la pelle et la lance : on creuse des fossés, on charrie du bois, on monte la garde la nuit contre les sorties de la ville, et le reste du temps on cherche à manger. Nous logeons sous des abris de branches et de peaux, la boue jusqu’aux chevilles, car nul n’avait dit que l’hiver serait si dur en ce pays. On nous l’avait promis chaud, ce pays du Levant. Nous grelottons comme jamais nous n’avons grelotté chez nous.

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12 janvier 1098, 09h008 min

Une habitante chrétienne d'Antioche (personnage composite)

« La ville prise n'a pas trié les siens » — une chrétienne d'Antioche raconte la nuit du sac

L'ost célèbre la délivrance d'Antioche. Mais la cité tombée comptait aussi des chrétiens d'Orient, qui vivaient là sous le gouverneur turc. Nous avons voulu entendre l'une d'eux, qui a traversé la nuit du 2 au 3 juin et vu périr les siens dans la même tuerie que les Turcs.

Qui es-tu, et depuis quand vis-tu dans cette ville ?

Je suis née ici, entre ces murs, comme ma mère avant moi. Nous sommes chrétiens, de la langue des Syriens ; j'avais aussi des parents arméniens par mon mari, et des voisins grecs de l'autre côté de la rue. Antioche n'a jamais été d'une seule sorte de gens. On y priait le Christ dans plusieurs langues, et l'on vivait porte à porte avec les musulmans et les Turcs de la garnison. C'était notre ville à tous, avec ses marchés, ses églises, sa grande maison de saint Pierre.

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7 juin 10988 min

Un clerc provençal de la suite du comte Raymond de Saint-Gilles, proche de l'entourage qui vénère la Sainte Lance

« Dieu n'a pas abandonné les siens » : la foi d'un clerc provençal

Dans Antioche assiégée par l'ost de Kerbogha, un clerc de la maison du comte de Toulouse dit sa certitude : la pointe de fer tirée de sous Saint-Pierre est bien la Lance de la Passion, et le Ciel marche avec l'armée. Entretien avec une voix qui croit, quand d'autres se taisent ou doutent.

On vous dit de ceux qui n'ont pas douté un instant de la Lance. Comment la nouvelle vous est-elle venue ?

Par la bouche même du pèlerin, Pierre Barthélemy, et par les clercs de notre maison qui étaient présents à la fouille. Depuis plusieurs jours déjà, cet homme assurait que l'apôtre saint André lui apparaissait et lui montrait, dans Antioche, le lieu où reposait la lance qui ouvrit le flanc du Christ en croix. On a creusé le sol du chœur, à Saint-Pierre, une grande partie du jour. Le soir venu, il est descendu lui-même dans la fosse et en a retiré le fer. J'ai vu les hommes pleurer et baiser cette pointe. On ne feint pas de telles larmes.

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22 juin 10988 min

Articles secondaires

État des informations

La chronique est tenue à la suite de l'ost par une plume latine légère (« Turcs », « Infidèles », foi en la guerre sainte) : cette couleur de voix ne déforme aucun fait, logé distinctement ici. Le massacre indistinct de la prise n'est pas gommé ; l'identité de l'homme qui livra la tour n'est pas fixée ; le doute sur la Sainte Lance est donné comme contemporain. Effectifs en ordre de grandeur, jamais en décompte. Rien de la suite (principauté d'Antioche, marche vers Jérusalem) n'est préjugé.

Ce que l’on sait

  • Le siège a duré de la fin d'octobre 1097 au 3 juin 1098 ; la ville a été prise par la trahison d'un homme livrant une tour, puis les croisés, assiégés à leur tour par Kerbogha, l'ont emporté par la sortie du 28 juin.
  • Le siège fut marqué par la famine et les désertions ; deux armées de secours furent repoussées, celle de Damas (fin décembre 1097) puis celle d'Alep au lac d'Antioche (9 février 1098).
  • La prise s'accompagna d'un massacre indistinct qui toucha aussi des chrétiens d'Orient, vêtus et parlant comme les musulmans de la ville.
  • Une pointe de fer, tenue pour la Sainte Lance, fut exhumée sous la cathédrale Saint-Pierre le 14-15 juin et remise à Raymond de Saint-Gilles ; son effet sur le moral de l'ost fut réel.

Ce que l’on ignore

  • Les effectifs des deux camps — ost, garnison, armée de Kerbogha — ne sont pas connus : les nombres d'époque sont gonflés par la peur et donnés en ordre de grandeur.
  • Le nom, la religion et le mobile de l'homme qui livra la tour varient d'une source à l'autre et ne sont pas établis.
  • Le motif du départ du légat byzantin Tatikios (février 1098) reste inconnu ; l'authenticité de la Sainte Lance est mise en doute dès l'époque (Adhémar du Puy), certains y voyant une relique grecque déjà présente à Antioche.

Le contexte

Après la prise de Nicée (juin 1097) et la victoire de Dorylée (juillet 1097), l'armée de la première croisade est descendue vers la Syrie et a mis le siège devant Antioche à la fin d'octobre 1097.

Antioche est une grande cité chrétienne d'Orient — patriarcat apostolique, siège de saint Pierre —, tenue par les Turcs seldjoukides depuis 1084-1085, adossée au mont Silpius et ceinte d'une immense enceinte à tours innombrables.

Le siège a duré plus de sept mois, marqué par la famine, les désertions et deux armées de secours musulmanes repoussées (Damas, puis Alep au lac d'Antioche le 9 février 1098).

La ville a été prise dans la nuit du 2 au 3 juin 1098 par la trahison d'une tour ; aussitôt, la grande armée de Kerbogha, atabeg de Mossoul, a assiégé à leur tour les croisés, avant que la sortie du 28 juin ne la mette en déroute.

Carte de la journée

  • Antioche · Turquie (Antakya)

    Grande cité de Syrie du Nord sur l'Oronte, adossée au mont Silpius, ceinte d'une immense enceinte à tours innombrables et couronnée d'une citadelle. Ancienne capitale chrétienne (patriarcat apostolique, siège de saint Pierre), reprise par les Turcs seldjoukides en 1084-1085, assiégée par la première croisade d'octobre 1097 à juin 1098.

  • L'Oronte et le Pont de Fer · Turquie

    Le fleuve qui coule au pied d'Antioche ; en amont, le Pont de Fer (Jisr al-Hadid), ouvrage fortifié à deux tours servant de péage, forcé par l'ost à son arrivée les 20-21 octobre 1097.

  • Saint-Siméon · Turquie

    Port d'Antioche, à l'embouchure de l'Oronte, débouché maritime du camp croisé. Une flotte y apporte au printemps 1098 le bois et le fer nécessaires aux machines et aux forts de blocage.

  • Le lac d'Antioche · Turquie

    Étendue d'eau au nord-est de la ville. Le 9 février 1098, la seconde armée de secours, celle de Ridwan d'Alep, y est écrasée, coincée entre le fleuve et le lac par la cavalerie croisée.

  • Mossoul · Irak

    Grande ville de haute Mésopotamie, siège de l'atabeg Kerbogha, d'où part la grande armée de secours qui vient assiéger les croisés dans Antioche prise (informatif).

Antioche, juin 1098

Le siège d'Antioche : la place, les forts francs, le camp de Kerbogha

La place telle qu'un homme de l'ost la voit après huit mois de siège : une immense enceinte à tours innombrables épousant les pentes du mont Silpius, la citadelle au sommet, l'Oronte au pied et le port de Saint-Siméon pour seul débouché sur la mer. La ville nous est ouverte depuis la nuit où une tour fut livrée ; mais la citadelle tient encore au-dessus de nos têtes, et l'armée de Mossoul nous a fermés à notre tour dans les murs que nous venons de prendre. Carte schématique, dressée d'après ce que l'on connaît de la place.

L'enceinte et le mont Silpius Une muraille à tours sans nombre, sur les pentes

La ville tient dans une longue muraille hérissée de plusieurs centaines de tours, qui descend des hauteurs du mont Silpius jusqu'à l'Oronte. Sa seule étendue interdit de la clore tout entière : les portes n'ont jamais pu être toutes bloquées.

La citadelle Au sommet, non prise

Au faîte du mont, la citadelle domine la ville et la plaine. Elle n'est pas tombée avec la cité : le fils du gouverneur, Shams ad-Daula, la tient encore au-dessus de nous. Qui la tient commande la place par le haut.

L'Oronte et le Pont de Fer Le fleuve et son pont fortifié, à l'est

L'Oronte coule au pied de la ville. En amont, le Pont de Fer, ouvrage à deux tours servant de péage, fut forcé à notre arrivée (20-21 octobre) : c'est par là que l'ost déboucha dans la plaine d'Antioche.

Le port de Saint-Siméon La voie de mer, à quelques lieues

À l'embouchure de l'Oronte, le port de Saint-Siméon relie l'ost à la mer. C'est par lui qu'au printemps une flotte apporta bois, fer et cordages pour les machines et les forts ; la route du port au camp, courte mais exposée, a coûté des hommes.

La tour livrée Une tour du rempart sud, ouverte de l'intérieur

La ville ne fut pas emportée de vive force mais par une tour du front sud, que l'on dit des Deux Sœurs, livrée de nuit par un homme de la garnison. Bohémond y monta le premier ; les portes s'ouvrirent ensuite. Pourquoi cet homme a-t-il ouvert, nul au camp ne le sait au juste.

Les forts francs La Mahomerie et le fort de Tancrède

Pour étrangler les portes, l'ost éleva des ouvrages de blocage : La Mahomerie devant la porte du Pont, tenue par Raymond de Saint-Gilles, et un fort confié à Tancrède devant la porte Saint-Georges, à l'ouest ; au nord, dès l'automne, le Malregard des gens de Bohémond.

Le camp de Kerbogha L'armée de Mossoul, devant les murs

Depuis la prise, la grande armée de Kerbogha, atabeg de Mossoul, s'est rangée devant la ville et nous y assiège à notre tour. On la dit très nombreuse ; nul n'en peut donner le compte, et la peur enfle les nombres.

La cathédrale Saint-Pierre Au cœur de la ville, siège de l'apôtre

Au centre de la cité, la vieille église de saint Pierre, rendue au culte depuis la prise. C'est sous son sol qu'a été exhumée, ces jours-ci, la pointe de fer que beaucoup tiennent pour la sainte Lance.

Confirmé

L'ost paraît devant Antioche

Après Nicée et Dorylée, l'armée force le Pont de Fer sur l'Oronte et campe devant la place. L'assaut direct est jugé impossible : on met le siège.

Confirmé

Famine, désertions, deux secours repoussés

La faim et le froid déciment le camp. Une sortie du gouverneur (fin décembre) est repoussée ; une première armée de secours venue de Damas est refoulée près de Harenc.

Confirmé

La bataille du lac d'Antioche

Une seconde armée de secours, celle de Ridwan d'Alep, est disloquée entre le fleuve et le lac par la cavalerie de l'ost.

Rapporté

Une flotte à Saint-Siméon, les forts s'élèvent

Du bois et du fer arrivent par mer ; l'ost dresse La Mahomerie et le fort de Tancrède pour verrouiller les portes.

Confirmé

Antioche prise par une tour livrée

Un homme de la garnison ouvre une tour du front sud ; Bohémond entre, la ville tombe dans un sac sans distinction. La citadelle, au sommet, résiste.

Confirmé

Kerbogha ferme la ville à son tour

À peine maîtres de la place, les croisés y sont assiégés par l'armée de Mossoul. La famine recommence dans les murs.

Incertain

La pointe de fer exhumée sous Saint-Pierre

Un pèlerin provençal, guidé par ses visions, fait creuser dans la cathédrale et en tire une lance, remise à Raymond de Saint-Gilles. L'ost en est relevé ; d'autres en doutent.

Carte schématique : les distances et le tracé exact des murs ne sont donnés qu'à titre indicatif.

Les effectifs des deux camps — ost, garnison, armée de Kerbogha — sont inconnus et les nombres d'époque, gonflés par la peur : aucun chiffre ferme n'est avancé.

L'homme qui livra la tour, son nom, sa loi et son mobile varient d'une bouche à l'autre : rien n'en est fixé ici.

La lance exhumée sous Saint-Pierre relève de la foi du camp ; son authenticité est mise en doute dès à présent, jusque dans l'entourage du légat.

Analyse

Opinion

Les acteurs du moment

Croisés

Bohémond de Tarente

Chef normand d'Italie du Sud, l'un des barons de la croisade

Fils de Robert Guiscard, prince de Tarente, guerrier redouté qui a jadis combattu l'empereur Alexis dans les Balkans. Il conduit la défaite de l'armée de secours de Damas, négocie en secret la reddition d'une tour de la place, entre le premier dans Antioche, et l'on sent son ambition sur la ville.

Croisés

Raymond de Saint-Gilles

Comte de Toulouse, chef du contingent provençal

Le plus riche et l'un des plus âgés des barons croisés, chef des Provençaux. Il tient le fort de La Mahomerie devant la porte du Pont ; c'est à lui qu'est remise la pointe de fer tenue pour la Sainte Lance, que son camp promeut. Rival déclaré de Bohémond pour la possession d'Antioche.

Croisés

Adhémar du Puy

Évêque du Puy, légat du pape à la croisade

Évêque du Puy-en-Velay, désigné par Urbain II comme légat et chef spirituel de la croisade. Voix de modération dans l'ost, il accueille avec scepticisme la Sainte Lance, disant avoir vu à Constantinople une relique semblable — le doute est ainsi contemporain de la découverte.

Croisés

Pierre Barthélemy

Pèlerin provençal, visionnaire

Homme de condition modeste attaché au contingent provençal. Il affirme que saint André lui est apparu et lui a désigné, sous la cathédrale Saint-Pierre, la lance qui perça le flanc du Christ ; la pointe de fer exhumée le 14-15 juin galvanise l'ost affamé. Sa sincérité est débattue dès l'époque.

Croisés

Étienne de Blois

Comte de Blois, baron croisé

Baron de haut rang, un temps porte-parole de l'ost. Jugeant la partie perdue, il quitte l'armée à la veille de la prise, le 2 juin 1098 ; on discutera longtemps de ce départ et de ce qu'il aurait dit à l'empereur des Grecs.

Croisés

Robert de Flandre

Comte de Flandre, baron croisé

Comte de Flandre, l'un des chefs militaires de la croisade. Il combat aux côtés de Bohémond contre l'armée de secours de Damas et se distingue dans les engagements du siège.

Sarrasins

Yaghi-Siyan

Gouverneur turc d'Antioche

Émir turc, gouverneur d'Antioche pour les Seldjoukides. Il tient la place durant les sept mois du siège, lance des sorties, appelle les secours de Damas et d'Alep. La ville tombée, il fuit et est capturé puis tué par des chrétiens du pays ; sa tête est portée à Bohémond.

Sarrasins

Kerbogha

Atabeg de Mossoul, chef de la grande armée de secours

Atabeg (gouverneur militaire) de Mossoul, il rassemble une grande armée pour dégager Antioche. Arrivé trop tard pour sauver la ville, il l'assiège à son tour ; son armée, minée par les rivalités de ses émirs, se débande lors de la sortie croisée du 28 juin.

Sarrasins

Ridwan d'Alep

Émir seldjoukide d'Alep

Émir d'Alep, il conduit la seconde armée de secours envoyée contre les assiégeants. Le 9 février 1098, coincée entre l'Oronte et le lac d'Antioche, sa troupe est disloquée par la cavalerie croisée.

Sarrasins

Duqaq de Damas

Émir seldjoukide de Damas

Émir de Damas, il mène la première armée de secours contre Antioche, repoussée fin décembre 1097 près de Harenc. Rallié plus tard à l'armée de Kerbogha, il l'abandonne au moment de la bataille du 28 juin.

Sarrasins

Shams ad-Daula

Fils de Yaghi-Siyan, défenseur de la citadelle

Fils du gouverneur Yaghi-Siyan. Après la chute de la ville, il tient la citadelle au sommet du mont Silpius, que les croisés n'ont pu prendre ; elle résiste jusqu'à la déroute de Kerbogha.

Byzantins

Tatikios

Général et légat de l'empereur byzantin auprès de la croisade

Officier de l'empereur Alexis Comnène, il accompagne la croisade comme représentant de Byzance. En février 1098, il quitte le camp d'Antioche et ne revient pas ; son départ, dont le motif reste incertain, nourrit aussitôt la méfiance latine envers les Grecs.

Indéterminé

L'homme qui livra la tour

Membre de la garnison d'Antioche (identité incertaine)

Un homme de la garnison livra de nuit une tour du rempart sud, ouvrant la ville à Bohémond. Son nom (souvent donné comme « Firouz »), sa religion (arménien ? converti ?) et son mobile (or promis, vengeance, calcul ?) varient selon les sources et ne sont pas établis.

Sources historiques utilisées

secondary

Siège d'Antioche — Wikipédia

Vue d'ensemble du siège (oct. 1097 – 28 juin 1098) : arrivée devant Antioche et franchissement du Pont de Fer, famine de l'hiver, armées de secours de Damas puis d'Alep (bataille du lac, 9 févr.), départ de Tatikios, forts de blocage et flotte, prise par une tour livrée dans la nuit du 2 au 3 juin, contre-siège de Kerbogha, découverte de la Sainte Lance, sortie victorieuse du 28 juin.

secondary

Siege of Antioch — Wikipedia

Version anglaise, plus détaillée sur la chronologie et les acteurs : franchissement du Pont de Fer, forts (Malregard, La Mahomerie, fort de Tancrède), arrivée d'une flotte à Saint-Siméon, ambassade fatimide, trahison de la tour des Deux Sœurs, massacre incluant des civils non turcs, mort de Yaghi-Siyan, citadelle tenue par Shams ad-Daula.

secondary

Battle of Antioch (1098) — Wikipedia

La sortie décisive du 28 juin 1098 : divisions croisées sorties par le pont, la Sainte Lance portée en tête, défection des émirs alliés de Kerbogha (Duqaq et autres), débandade de l'armée de Mossoul, reddition de la citadelle à Bohémond.

secondary

Peter Bartholomew — Wikipedia

Le pèlerin provençal Pierre Barthélemy, ses visions de saint André, la découverte de la pointe de fer sous la cathédrale Saint-Pierre le 14-15 juin, sa remise à Raymond de Saint-Gilles, et le scepticisme contemporain (dont celui d'Adhémar du Puy). Source principale : Raymond d'Aguilers, du camp provençal promoteur — à distance critique.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique — la chronique du siège d'Antioche

Les articles sont écrits comme si une chronique était tenue à la suite de l'ost devant Antioche, entre l'automne 1097 et l'été 1098, sans rien préjuger au-delà de leur date. La voix adopte le vocabulaire d'époque (« Turcs », « Infidèles », foi en la guerre sainte) comme dispositif d'immersion ; les faits, eux, sont tenus dans les relevés de faits, distincts de la ferveur. Le massacre indistinct de la prise n'est pas gommé ; l'identité de l'homme qui livra la tour n'est pas fixée ; le doute sur la Sainte Lance est donné comme contemporain ; visions et présages comme foi rapportée. Bilans en ordre de grandeur, jamais en décompte.