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Une vingtaine de villages occupés : où s’arrêtera l’avance ?

Une semaine après l’entrée de nos troupes en territoire allemand, le front s’est enfoncé, dit-on, de huit à dix kilomètres au sud de Sarrebruck. Une vingtaine de hameaux, trouvés vides, sont passés sous notre contrôle. Nos avant-postes ne seraient plus qu’à quelques kilomètres des premiers ouvrages de la ligne Siegfried. Jusqu’où ira-t-on ?

La rédaction 14 septembre 1939, 07h00 3 min de lecture

L’avance amorcée le 7 septembre au sud de Sarrebruck se poursuit, à pas mesurés, en territoire allemand. D’après les renseignements qui nous parviennent du front, la pénétration atteindrait désormais huit à dix kilomètres dans sa partie la plus profonde, le long d’une bande de terrain large d’une vingtaine de kilomètres. Faute de communiqué chiffré, nous donnons cette fourchette pour ce qu’elle vaut : un ordre de grandeur, non une mesure arrêtée.

Sur ce ruban de campagne sarroise, nos colonnes ont recueilli une vingtaine de villages. Tous, dit-on, étaient déserts : les habitants avaient été évacués avant notre arrivée, et l’ennemi s’était retiré sans livrer de combat de front. Nos hommes ont pris pied dans la forêt de la Warndt et dans plusieurs bourgs abandonnés, dont les noms commencent seulement à filtrer.

Ce n’est pas dire que la progression soit sans péril. L’adversaire, en se repliant, a semé le terrain de mines, miné les routes et les abords des maisons ; c’est là, plus que dans les engagements, que nos pertes se font. Et l’on rapporte que l’élan, vif les premiers jours, s’est fait plus lent : nos avant-gardes paraissent marquer le pas. Les raisons de ce ralentissement nous échappent — prudence devant les champs de mines, attente d’ordres, ou approche des défenses allemandes, nul ne saurait le dire de l’extérieur.

Car nos pointes les plus avancées ne seraient plus, assure-t-on, qu’à quelque quatre kilomètres des premières positions de la ligne Siegfried, cette muraille fortifiée dont l’Allemagne a couvert sa frontière de l’Ouest. C’est là toute la question de l’heure : poussera-t-on jusqu’à ces ouvrages, et au-delà ? S’en tiendra-t-on à cette avance de couverture ? Le commandement n’a rien dit de ses intentions. Pour l’heure, une chose est sûre : nos drapeaux flottent sur une vingtaine de villages allemands, et le pays attend de savoir où cette marche s’arrêtera.

Le contexte

La France et le Royaume-Uni ont déclaré la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, à la suite de l’invasion de la Pologne.

Le 7 septembre, des unités françaises ont franchi la frontière au sud de Sarrebruck, engageant une offensive en direction du territoire allemand.

La ligne Siegfried (Westwall) est le système de fortifications dont l’Allemagne a doté sa frontière occidentale, face à la ligne Maginot.

État des informations

Cette dépêche s’en tient à ce qui est connaissable au 14 septembre 1939 : une avance en cours, des ordres de grandeur, des positions rapportées. Elle donne les distances et le nombre de villages sous toute réserve, faute de communiqué chiffré, et ne préjuge en rien de la suite de l’opération ni des intentions du commandement.

Ce que l’on sait

  • Depuis le 7 septembre 1939, des troupes françaises progressent en territoire allemand au sud de Sarrebruck.
  • La pénétration atteint de l’ordre de huit à dix kilomètres dans sa partie la plus profonde, sur un front large d’environ vingt-cinq kilomètres.
  • Une vingtaine de villages allemands, évacués de leurs habitants, sont passés sous contrôle français, ainsi qu’une partie de la forêt de la Warndt.
  • Nos pointes les plus avancées se trouveraient à environ quatre kilomètres des premières positions de la ligne Siegfried.
  • L’adversaire s’est replié sans résistance frontale, mais a miné le terrain, ce qui cause des pertes à nos unités.

Ce que l’on ignore

  • On ignore jusqu’où l’avance sera poussée, et si elle visera ou non les ouvrages de la ligne Siegfried.
  • Les raisons du ralentissement constaté de la progression ne sont pas connues du public.
  • Le commandement n’a fait connaître ni l’objectif assigné à l’opération, ni ses intentions pour les jours à venir.
  • Les chiffres exacts de la pénétration et le nombre précis des villages occupés ne sont pas confirmés par un communiqué officiel.

Sources historiques utilisées

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Offensive de la Sarre — Wikipédia

Consulté pour le déroulé du 7 au 12 septembre 1939 : pénétration maximale d’environ 8 km atteinte le 12 septembre, front large d’environ 25 km, une vingtaine de villages évacués occupés, forêt de la Warndt, avance à environ 4 km de la ligne Siegfried, absence de résistance frontale et pertes dues aux mines. Tout élément postérieur au 14 septembre a été écarté.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

La brève simule un suivi de front du 14 septembre 1939, au moment où l’avance a culminé sans que son terme soit connu. Les distances et le décompte des villages sont donnés comme ordres de grandeur ; rien n’est affirmé au-delà de ce qui est connaissable à cette date.

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