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Un docteur de l’Université de Paris : « Ces voix, je le crois, sont fictions d’invention humaine, procédant du malin esprit »

À la veille de l’admonestation publique, un clerc gradué de l’Université de Paris, qui soutient les chefs portés contre la Pucelle, a accepté de répondre à nos questions. Il défend le travail des juges et anticipe le sentiment que sa Faculté, réunie, doit faire connaître. Nous l’avons contredit pied à pied : ses affirmations sont les siennes, non celles de ce journal.

Le chroniqueur judiciaire 2 mai 1431, 08h00 11 min de lecture

À mesure que le procès avance vers son terme, la voix de l’accusation se fait plus assurée. Nous avons voulu l’entendre de près, sans la laisser sans réplique. Un clerc gradué de l’Université de Paris, qui soutient les chefs portés contre la Pucelle, a accepté cet entretien à la veille de l’admonestation publique. Nous restituons ses réponses, et les objections que nous lui avons opposées.

Grand entretien

Un clerc et docteur en théologie de l’Université de Paris, partisan de l’accusation

Par souci d’équité, « Les Échos du Passé » donne ici la parole à la partie qui soutient l’accusation. Les propos de notre interlocuteur n’engagent que lui : ce journal ne les endosse pas et ne tranche pas le fond. Nous l’avons contre-interrogé sur la partialité de son Université, acquise au parti anglo-bourguignon, sur la régularité d’un tribunal présidé hors diocèse, sur la détention en prison laïque, et sur le fait que rien n’est encore jugé. Aucun verdict n’a été rendu à ce jour.

Vous parlez au nom de l’Université de Paris. Pourquoi votre Faculté s’est-elle mêlée d’un procès qui se tient à Rouen, et non à Paris ?

L’Université de Paris n’est pas une assemblée comme une autre. Elle est, dans le royaume, le premier corps savant en matière de foi ; on la consulte de longue date sur les questions de doctrine, comme on consulterait le plus docte des conseils. Quand monseigneur de Beauvais et les juges de Rouen ont voulu éclairer leur conscience sur ce que valent les dires de cette fille, il était naturel qu’ils s’adressassent à nous. Les douze articles tirés de la cause nous ont été transmis à Paris voici quelque temps ; nos Facultés se sont assemblées pour les examiner, et nous y travaillons. Notre office n’est pas de condamner : il est de dire, en théologiens, ce que la doctrine enseigne touchant de telles prétentions. Notre sentiment, une fois arrêté, sera porté à Rouen ; je ne vous le donne ici que pour ma part, telle que je la pèse.

Justement, vers quoi penche votre délibération au sujet de ses voix ? Soyez précis, car c’est sur ce point que tout se joue.

Je vous parle de ma conviction, et de ce vers quoi je vois nos docteurs incliner, l’avis formel n’étant pas encore arrêté. À bien peser les apparitions et révélations dont elle se vante, je tiens qu’elles ne sont point célestes comme elle le donne à croire. Selon moi, ce sont fictions d’invention humaine, ou bien elles procèdent du malin esprit, qui sait fort bien se déguiser en ange de lumière pour décevoir les simples. Voilà ce que je défendrai. Qu’une jeune fille sans lettres affirme commander à des saintes du paradis, qu’elle se dise envoyée pour mener les armées et faire couronner un prince, qu’elle refuse de soumettre ses dires au jugement de l’Église militante : tout cela, mis ensemble, me paraît fort suspect, et plus proche de la superstition que de la sainteté.

Vous dites « fictions » ou « malin esprit ». Mais vous concédez vous-même que vous ne savez pas trancher entre les deux. N’est-ce pas avouer que vous ignorez d’où viennent ces voix ?

Je vous arrête : nous n’ignorons pas, nous discernons. L’Église a des règles pour éprouver les esprits, car l’Apôtre commande de ne pas croire à tout esprit. Une révélation véritable porte des marques : l’humilité, la soumission à l’Église, la conformité à la doctrine. Or ici nous voyons l’orgueil, la désobéissance, l’habit d’homme tenu contre toute remontrance. Quand les marques de Dieu manquent, le théologien conclut que la chose ne vient pas de Dieu. Reste alors l’imagination d’une fille exaltée, ou la ruse de l’ennemi du genre humain. Que ce soit l’un ou l’autre, le danger pour les âmes est le même.

Parlons de votre Université. Chacun sait qu’elle est acquise au parti du roi d’Angleterre et du duc de Bourgogne, et hostile au prince que cette fille a fait sacrer. Comment voulez-vous qu’on tienne pour impartial l’avis d’un corps aussi engagé ?

Vous mêlez deux choses qu’il faut séparer. Que l’Université ait pris parti dans les malheurs du royaume, je ne le nie point ; nous avons reconnu le traité qui règle la couronne, comme bien d’autres corps de ce pays. Mais une question de théologie ne se résout pas par les armes ni par les partis. Que je sois pour l’un ou l’autre prince ne change rien à la doctrine sur les révélations. Deux et deux font quatre dans le camp de France comme dans celui d’Angleterre.

Permettez : la chose jugée ici n’est pas « deux et deux font quatre ». Vous jugez une femme qui a combattu votre camp et fait couronner son adversaire. Le sujet même de votre science est ici votre ennemie de guerre. Niez-vous que cela puisse peser sur le jugement ?

Je vous accorde que les apparences vous donnent prise, et qu’un esprit méfiant peut soupçonner la passion derrière la sentence. C’est une objection que je ne traite pas par le mépris. Mais regardez les pièces : ce ne sont pas des faits de guerre qu’on lui reproche. Nul ne la juge pour avoir levé le siège d’Orléans ni mené ses gens à Reims ; cela n’est pas matière d’Église. On la juge sur ses dires touchant ses voix, son habit, sa soumission. Un soldat qui se serait dit pareillement envoyé du Ciel encourrait le même examen, fût-il de notre parti. La faute, s’il y en a, est dans la prétention, non dans la bannière.

L’évêque qui préside, monseigneur Cauchon, a été chassé de son siège de Beauvais par les partisans du prince qu’elle servait. Il juge donc celle qui sert ses ennemis, et il la juge hors de son propre diocèse. Un tel juge est-il recevable ?

La compétence de monseigneur de Beauvais tient à ce que la prisonnière a été prise sur les terres de son diocèse, à Compiègne ; le for de l’évêque le suit en cette matière. Qu’il instruise à Rouen tient aux circonstances de la guerre et à la sûreté de la garde ; l’usage permet, avec l’accord des autorités ecclésiastiques du lieu, qu’une cause soit conduite ailleurs. Quant à ce qu’il ait été éprouvé par les gens de Charles, j’y vois plutôt la marque d’un homme qui connaît le péril de ces troubles que celle d’un juge incapable.

Vous parlez d’« accord » et d’« usage ». Mais juger hors de son diocèse, contre toute règle ordinaire, sur une accusée qui réclame d’être déférée au Saint-Siège ou à un concile : un homme de votre savoir sait que cela prête à la cassation. Le reconnaissez-vous ?

Je reconnais que la régularité d’un procès est chose grave, et qu’un défaut de forme peut, plus tard, en ruiner les effets. Sur ce point, je ne joue pas au plus fin avec vous : ce sont des objections que des hommes de loi pourront soulever. Mais on a multiplié ici les précautions, on a appelé un vice-inquisiteur, on a fait délibérer des Facultés entières plutôt qu’un seul homme. Quant à son appel au pape, il est aisé à une accusée de récuser ses juges en invoquant Rome ; les juges ont estimé pouvoir connaître de la cause. Que l’on en débatte, soit ; que l’on en conclue d’avance à la nullité, non.

Cette fille est tenue en prison laïque, dans une forteresse anglaise, gardée par des soldats, les fers aux pieds. Le droit de l’Église veut qu’une accusée d’hérésie soit en prison d’Église, gardée par des femmes. Comment défendez-vous cette irrégularité-là ?

C’est là, je l’avoue, le point où je suis le moins à l’aise, et je ne vous ferai pas l’injure de le nier. La règle veut en effet la geôle de l’Église. Ceux qui la détiennent allèguent qu’elle s’est déjà jetée d’une tour pour fuir, qu’elle est un gage de guerre fort disputé, et qu’on craint qu’on ne l’enlève ; de là cette garde de soldats. Je tiens cela pour une faiblesse de la procédure, et je souhaiterais qu’il en fût autrement. Mais une faute de garde n’efface pas la question de fond : ses voix sont-elles de Dieu, oui ou non ? Ce n’est pas le lieu de sa prison qui répondra à cela.

Vous dites « gage de guerre ». N’est-ce pas l’aveu que c’est l’Angleterre, et non l’Église, qui tient cette femme — et qui paie ? Que reste-t-il de la justice d’Église quand le geôlier est l’ennemi de l’accusée ?

L’Église juge souvent des causes où le bras séculier prête sa force ; cela ne date pas d’hier et n’a jamais ôté à ses sentences leur valeur. Que le roi d’Angleterre ait fait racheter la prisonnière et qu’il en assure la garde, c’est vrai et public. Mais autre chose est de fournir la geôle, autre chose de dicter la doctrine. Les docteurs qui délibèrent à Paris ne sont pas payés pour conclure dans un sens : ils concluront sur les pièces, et sur elles seules. Vous me prêtez une cause d’argent ; je vous oppose une cause de foi. Le lecteur jugera.

On lui reproche fort l’habit d’homme. Est-ce là matière à damner une âme ? Bien des gens trouvent qu’on fait grand bruit d’un vêtement.

On a tort de n’y voir qu’un vêtement. L’Écriture défend que la femme porte l’habit de l’homme ; les docteurs y voient une transgression de l’ordre voulu par Dieu. Mais surtout, son obstination en ce point révèle son cœur : sommée de le quitter, remontrée charitablement, elle s’y tient et dit que ses voix le lui commandent. C’est donc qu’elle préfère l’ordre de ses prétendues saintes à celui de l’Église. Voilà ce que nous reprochons : non le drap, mais la désobéissance qu’il signifie. Si elle se soumettait humblement, l’Église serait, je le crois, toute prête à la miséricorde.

Vous parlez de désobéissance « à l’Église ». Mais elle, elle s’en remet à Dieu et au pape. N’est-ce pas vous qui décidez que l’Église, c’est vous, ces juges-ci, et non le pontife qu’elle invoque ?

Distinguons l’Église triomphante, qui est au ciel, l’Église militante, qui est ici-bas, avec ses pasteurs, ses conciles, son chef à Rome. Nul ne lui demande de désobéir à Dieu. On lui demande de soumettre ses révélations au jugement de l’Église militante, faute de quoi chacun pourrait se dire inspiré et se soustraire à tout pasteur. Quand elle répond qu’elle s’en rapporte à Dieu seul et refuse de s’en remettre aux clercs qui l’interrogent, elle se met, sans peut-être le comprendre, hors de la règle commune des fidèles. C’est cela, et non une dispute de mots, que les juges pèsent.

Vous annoncez tout cela comme si la sentence était déjà tombée. Or rien n’est jugé : demain seulement on doit l’admonester en public. N’allez-vous pas un peu vite à la condamner ?

Vous avez raison de me rappeler que rien n’est clos. Je vous expose la doctrine et le sentiment que je crois voir mûrir en mon Université ; je ne prononce pas la sentence, qui appartient aux juges et à eux seuls. L’admonestation que l’on prépare est précisément un acte de charité : on va la presser une dernière fois de se rétracter, de reconnaître son erreur, de rentrer dans le giron de l’Église. Si elle le fait, elle peut sauver son âme et sa vie ; nul ne souhaite sa perte. C’est dire que la porte n’est point fermée, et que l’issue dépend en partie d’elle. Ne me faites donc pas dire ce que je n’ai pas dit : je tiens son cas pour mauvais, je ne le tiens pas pour réglé.

Dernière question. Si, contre votre attente, ses voix venaient bel et bien de Dieu, que diriez-vous de cette grande machine de docteurs et de juges dressée contre une fille de dix-neuf ans ?

Si telle était la vérité — et je ne le crois pas, mais Dieu seul sonde les cœurs —, alors nous aurions failli gravement, et il faudrait l’avouer devant Lui. Aucun théologien sérieux ne se prétend à l’abri de l’erreur ; nous jugeons selon les marques que nous discernons, non selon le secret des consciences, qui n’est qu’à Dieu. Voilà pourquoi l’Église éprouve, admoneste, laisse une porte ouverte au repentir, plutôt que de frapper d’un coup. Mais je vous le redis : les marques que je vois ne sont pas celles de Dieu. Je puis me tromper ; je ne crois pas me tromper. Le reste appartient au jugement de demain et au tribunal d’en haut.

Le contexte

Le procès de la Pucelle s’est ouvert le 9 janvier à Rouen ; les séances publiques se sont tenues du 21 février au début de mars, suivies d’interrogatoires en prison.

L’acte d’accusation de 70 articles, lu fin mars, a été réduit à 12 articles, transmis à Paris (autour du 19 avril) pour l’avis des Facultés de l’Université.

L’Université de Paris, réunie en assemblée à la fin d’avril, doit faire connaître son sentiment sur les 12 articles ; cet avis n’est pas encore officiellement rendu à la date de l’entretien.

Pierre Cauchon, évêque de Beauvais chassé de son siège par les partisans de Charles, préside le tribunal hors de son diocèse ; le vice-inquisiteur Jean Le Maistre a été associé tardivement.

L’accusée est détenue dans le château de Rouen, citadelle anglaise sous le comte de Warwick, gardée par des soldats — détention laïque dont l’irrégularité est relevée. Une admonestation publique est attendue le 2 mai.

État des informations

Cet entretien donne la parole à la partie qui soutient l’accusation, sans l’endosser. Les jugements portés par le clerc sur l’accusée sont les siens, présentés comme une thèse contestée ; ce journal ne qualifie l’accusée ni de sorcière ni de sainte et ne préjuge pas d’une issue qui n’est pas rendue. La minute du procès émane des juges. Nous nous en tenons à ce qui est connaissable au 2 mai 1431.

Ce que l’on sait

  • L’Université de Paris a été consultée sur les 12 articles tirés de l’accusation, transmis à Paris autour du 19 avril ; elle s’est réunie en assemblée à la fin d’avril, mais son avis formel n’est pas encore rendu à la date de l’entretien. La qualification des visions comme « fictions d’invention humaine » ou procédant « du malin esprit » est ici la conviction que le clerc défend et anticipe, non un verdict déjà prononcé par sa Faculté.
  • L’Université de Paris est, à cette date, acquise au parti anglo-bourguignon et a reconnu le traité réglant la couronne au détriment de Charles.
  • Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, préside le procès à Rouen, hors de son diocèse ; le vice-inquisiteur Jean Le Maistre a été joint tard et à reculons.
  • L’accusée est tenue en prison laïque, dans la forteresse anglaise, gardée par des soldats et entravée de fers ; elle a réclamé en vain la prison d’Église.
  • Aucune sentence n’a été rendue à la date de cet entretien : une admonestation publique est annoncée pour le 2 mai.

Ce que l’on ignore

  • La sincérité et l’origine des voix de l’accusée (inspiration divine ou erreur, voire artifice) ne sont nullement tranchées : c’est l’objet même du litige.
  • L’issue du procès demeure ouverte : on ignore si l’accusée se soumettra à l’admonestation à venir et ce que les juges décideront ensuite.
  • La portée réelle d’une éventuelle irrégularité de forme (juge hors diocèse, prison laïque, appel au pape écarté) sur la validité du procès reste matière à débat.

Sources historiques utilisées

secondary

Joan of Arc: Trial of Condemnation

Déroulé du procès de condamnation : consultation de l’Université de Paris, 12 articles, qualification des visions, calendrier des séances et de l’admonestation.

secondary

Trial of Joan of Arc — Wikipedia (EN)

Composition du tribunal, présidence de Cauchon hors de son diocèse, détention laïque, rôle de l’Université de Paris dans la procédure.

secondary

Jeanne d’Arc — Wikipédia (FR)

Contexte de la capture à Compiègne, du rachat par les Anglais et de l’alignement anglo-bourguignon de l’Université de Paris.

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale — Les Échos du Passé

Entretien recomposé : les questions et réponses imitent un échange de presse du temps. Le clerc et ses propos sont une mise en situation : à la date de l’entretien (2 mai 1431), les 12 articles ont été envoyés à Paris (autour du 19 avril) et l’Université s’est réunie (fin avril), mais son avis formel n’est rendu que le 14 mai ; la qualification des visions est donc présentée comme la conviction anticipée du clerc, attribuée et jamais endossée. Aucune sentence n’étant rendue, rien de l’issue n’est anticipé.

Les lecteurs réagissent

Les lecteurs réagissent

Commentaires reconstitués : profils, sensibilités et disputes sont imaginés à partir des clivages du moment. La modération aussi a ses petites lâchetés.

6 commentaires
MaistreDeParis 2 mai 1431, au matin

Voilà un confrère qui parle comme il faut. « Ces voix sont fictions d’invention humaine, procédant du malin esprit » : c’est exactement où mène l’examen. Nul ne prétend lire dans son cœur ; on juge ses dires à l’aune de la doctrine, et à cette aune, une inspiration qui refuse de se soumettre à l’Église ne peut venir de Dieu. La Faculté dira le reste.

👍 84 · 🚩 34
ClercScrupuleux 2 mai 1431, à midi

Je salue le journal de l’avoir « contredit pied à pied », comme il l’écrit. Car ce docteur anticipe l’avis de sa Faculté avant qu’elle l’ait rendu, et parle comme si la sentence était déjà écrite. Un homme qui sait la conclusion avant la délibération n’est plus un juge : c’est un témoin à charge en robe de docteur.

👍 121 · 🚩 20
MaistreDeParis 2 mai 1431, à vêpres

Anticiper n’est pas préjuger : quand la doctrine est claire, un homme instruit en voit d’avance l’application, comme le médecin voit la fièvre avant qu’elle brûle.

👍 62 · 🚩 22
PourLeRoyDeReims 2 mai 1431, à la nuit

Le médecin, maistre, ne condamne pas le malade au feu quand la fièvre a le tort d’être du bon parti. Voilà toute la différence, et elle est de taille.

👍 144 · 🚩 23
UnHommeDOrléans 3 mai 1431, au matin

On interroge un docteur payé pour dire qu’elle est du diable, et l’on s’étonne qu’il le dise. Demandez donc son avis à un clerc d’Orléans, pour voir. Nous en avons, et ils prient pour elle.

👍 128 · 🚩 24
PourLeRoyHenry 3 mai 1431, à midi

Au moins celui-là parle clair, au lieu de tourner autour comme fait ce journal avec ses « nous ne nous prononçons pas ». La franchise a du bon.

👍 66 · 🚩 28

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