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Les Prussiens peuvent-ils revenir ? La question qui travaille toute la bataille

Derrière les combats visibles contre Wellington, un second duel se joue contre l’horloge : localiser Blücher, mesurer sa vitesse, comprendre s’il peut peser avant la nuit.

La cellule cartes 18 juin 1815, 14h15 7 min de lecture

Une bataille se regarde souvent au centre, là où les canons parlent le plus fort. Celle-ci oblige à regarder aussi vers l’est, dans une zone moins nette, traversée de routes secondaires, de villages et de colonnes dont les observateurs ne donnent pas tous la même description. C’est là que se trouve peut-être l’une des clefs de la journée.

Le raisonnement français paraît lisible : battre Wellington avant que les Prussiens ne puissent joindre leurs forces aux siennes. Sur le papier, l’idée a la simplicité des grandes manœuvres napoléoniennes. Dans la campagne belge, elle dépend d’une mécanique plus fragile : transmission des ordres, vitesse réelle des corps détachés, état du terrain, fatigue des hommes, capacité de l’ennemi à se réorganiser.

Depuis Ligny, les cercles impériaux veulent croire que l’armée de Blücher a été suffisamment éprouvée pour ne pas revenir immédiatement dans la partie. C’est possible. Mais plusieurs officiers consultés par notre rédaction rappellent qu’une armée vaincue peut conserver son ossature si ses chefs gardent la main sur les routes et les points de ralliement.

Les informations de l’après-midi restent contradictoires. Des mouvements auraient été observés vers l’est du champ de bataille. S’agit-il d’éléments prussiens, de troupes isolées, de convois, d’une confusion née de la fumée et des distances ? Impossible de le dire avec sérieux à cette heure. Le danger journalistique serait de transformer chaque silhouette aperçue en renfort décisif.

La question se pose pourtant avec assez d’insistance pour modifier la lecture des combats. Si Napoléon pense disposer de peu de temps, il peut être tenté d’accélérer la décision contre le centre allié. Si Wellington croit à un soutien possible, il peut accepter de subir davantage, pourvu que sa ligne ne rompe pas. Ainsi, une armée absente ou mal localisée agit déjà sur les choix des armées présentes.

Le facteur Grouchy ajoute une couche d’incertitude. Le maréchal français, lancé à la poursuite des Prussiens, doit empêcher précisément ce retour qui inquiète les observateurs. Mais la distance entre un ordre reçu, une marche accomplie et un effet réel sur le champ de bataille est immense. Là encore, les cartes mentent par élégance : elles effacent la boue, les hésitations et les retards.

Il faut donc regarder Waterloo comme une bataille à deux horloges. La première mesure la résistance de Wellington face aux attaques françaises. La seconde mesure l’approche éventuelle des Prussiens. Si ces deux temps se rejoignent, l’équilibre de la journée pourrait changer. S’ils restent séparés, Napoléon conserve une fenêtre. Tout le drame tient dans cet écart.

Le contexte

La stratégie française consiste à empêcher la jonction des armées alliées.

La bataille de Ligny n’a pas suffi à éclaircir complètement l’état réel de l’armée prussienne.

État des informations

Cette édition s’en tient aux informations plausiblement disponibles le 18 juin 1815 et ne révèle pas l’issue de la bataille.

Ce que l’on sait

  • L’armée française fait face aux forces commandées par Wellington au sud de Bruxelles.
  • Les Prussiens ont été battus à Ligny, mais leur capacité de regroupement reste discutée.
  • La pluie de la veille a rendu le terrain difficile pour l’artillerie et les mouvements de troupes.
  • La journée est suivie avec inquiétude à Paris, Londres, Vienne et Berlin.

Ce que l’on ignore

  • La position exacte d’une partie des forces prussiennes reste incertaine.
  • Les pertes réelles ne peuvent pas être établies pendant les combats.
  • On ignore si Napoléon engagera sa réserve impériale dans l’après-midi.
  • Les délais de transmission rendent les nouvelles venues du front difficiles à confirmer.

Sources historiques utilisées

secondary

The Campaigns of Napoleon

David G. Chandler · 1966

Ouvrage de synthèse utilisé pour vérifier la chronologie générale des opérations.

secondary

1815

Henry Houssaye · 1893

Récit détaillé des Cent-Jours, consulté pour les acteurs et les débats de l’époque.

primary

The Dispatches of Field Marshal the Duke of Wellington

Arthur Wellesley · 1838

Correspondances et dépêches utiles pour restituer la perspective britannique.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

Les formulations à chaud sont écrites comme un média du moment, sans annoncer la suite historique.

secondary

Le marché financier français au XIXe siècle

Publications de la Sorbonne

Repère utilisé pour éviter de projeter une Bourse moderne sur un marché alors surtout dominé par les effets publics et les rentes.

Les lecteurs réagissent

Les lecteurs réagissent à l’édition de Waterloo

Commentaires reconstitués : profils, sensibilités et disputes sont imaginés à partir des clivages du moment. La modération aussi a ses petites lâchetés.

11 commentaires
VieuxGrognard 18 juin 1815, 16h52

Encore un article qui doute. Ceux qui ont vu l’Empereur en Italie savent qu’une position forte n’est forte que jusqu’au moment où il décide de la prendre.

👍 184 · 🚩 12
PatrioteInquiet 18 juin 1815, 16h58

On peut respecter l’Empereur et demander des nouvelles vérifiées. Les Prussiens ne disparaissent pas parce que vous tapez plus fort sur votre table.

👍 93 · 🚩 5
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h00

Je maintiens : la Garde décidera si on lui demande. Vous verrez.

👍 71 · 🚩 9
Rente5pourCent 18 juin 1815, 17h04

Tout le monde parle de Hougoumont mais personne ne dit quoi faire lundi matin sur les rentes. Voilà la vraie question pour les familles sérieuses.

👍 132 · 🚩 18
LysDuFaubourg 18 juin 1815, 17h06

La France aspire seulement au repos. Certains confondent encore gloire et agitation perpétuelle.

👍 87 · 🚩 44
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h08

Traduction : vous attendez les fourgons de l’étranger en prétendant aimer le calme.

👍 146 · 🚩 31
PatrioteInquiet 18 juin 1815, 17h11

La rédaction a raison de distinguer faits et rumeurs. Depuis midi on a déjà “confirmé” trois fois des nouvelles contradictoires.

👍 201 · 🚩 2
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h14

Mon commentaire sur les lâches du faubourg a encore été supprimé. Très belle liberté de la presse.

👍 66 · 🚩 27
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h14

Mon commentaire sur les lâches du faubourg a encore été supprimé. Très belle liberté de la presse.

👍 14 · 🚩 8
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h15

Mon commentaire sur les lâches du faubourg a encore été supprimé. Très belle liberté de la presse.

👍 9 · 🚩 6
LysDuFaubourg 18 juin 1815, 17h20

👍 0 · 🚩 51

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