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Blücher, le vieil entêté dont personne ne sait vraiment où finit la défaite

Battu à Ligny, le maréchal prussien reste l’ombre portée de la journée. Sa capacité à revenir, même diminué, obsède les calculs français.

Louis Bréval 18 juin 1815, 11h40 5 min de lecture

On parle de Blücher comme on parle d’un cheval lancé trop vite : avec admiration, inquiétude et un peu d’incrédulité. Le maréchal prussien a plus de soixante-dix ans, un tempérament qui n’a jamais beaucoup ressemblé à la prudence, et une réputation d’obstination qui survit aux revers. C’est cette réputation qui empêche aujourd’hui Paris de ranger trop vite son armée parmi les forces écartées.

Ligny a été un choc. Les bulletins français y voient la preuve que Napoléon a retrouvé sa capacité à séparer ses adversaires. Mais entre battre une armée et la rendre inutile, il existe toute la distance des routes, des ordres et du moral. Les Prussiens ont reculé ; on ne sait pas encore s’ils se sont dispersés.

Blücher compte moins par ce que l’on sait de lui que par ce que l’on ignore. Où sont exactement ses colonnes ? Dans quel état marchent-elles ? Ses officiers peuvent-ils maintenir la cohésion après la bataille précédente ? Ces questions, posées dans les bureaux comme dans les cafés, reviennent toujours au même point : un adversaire dont on ne connaît pas la position exacte est déjà présent dans la bataille.

Le maréchal prussien n’a pas la réputation d’un calculateur élégant. Sa force est ailleurs : dans la pression, l’élan, la capacité à faire avancer des hommes fatigués par la seule certitude qu’il faut avancer. Cette qualité peut être dangereuse pour ses propres troupes ; elle peut l’être plus encore pour un adversaire qui le croit hors jeu.

Du côté français, on veut croire que le détachement envoyé à sa poursuite suffira à le contenir. Là encore, le conditionnel s’impose. Les routes de Belgique ne sont pas des lignes droites tracées sur une carte de cabinet. Elles absorbent les hommes, brouillent les horaires, déforment les intentions.

Blücher est donc, en ce 18 juin, moins un personnage qu’une question en marche. Si la bataille de Waterloo se joue aussi contre le temps, alors le vieux Prussien en est l’une des aiguilles invisibles.

Le contexte

L’armée prussienne a affronté Napoléon à Ligny deux jours avant Waterloo.

Le sort opérationnel de cette armée reste l’une des grandes questions de la journée.

Sources historiques utilisées

secondary

The Campaigns of Napoleon

David G. Chandler · 1966

Ouvrage de synthèse utilisé pour vérifier la chronologie générale des opérations.

secondary

1815

Henry Houssaye · 1893

Récit détaillé des Cent-Jours, consulté pour les acteurs et les débats de l’époque.

primary

The Dispatches of Field Marshal the Duke of Wellington

Arthur Wellesley · 1838

Correspondances et dépêches utiles pour restituer la perspective britannique.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

Les formulations à chaud sont écrites comme un média du moment, sans annoncer la suite historique.

secondary

Le marché financier français au XIXe siècle

Publications de la Sorbonne

Repère utilisé pour éviter de projeter une Bourse moderne sur un marché alors surtout dominé par les effets publics et les rentes.

Les lecteurs réagissent

Les lecteurs réagissent à l’édition de Waterloo

Commentaires reconstitués : profils, sensibilités et disputes sont imaginés à partir des clivages du moment. La modération aussi a ses petites lâchetés.

11 commentaires
VieuxGrognard 18 juin 1815, 16h52

Encore un article qui doute. Ceux qui ont vu l’Empereur en Italie savent qu’une position forte n’est forte que jusqu’au moment où il décide de la prendre.

👍 184 · 🚩 12
PatrioteInquiet 18 juin 1815, 16h58

On peut respecter l’Empereur et demander des nouvelles vérifiées. Les Prussiens ne disparaissent pas parce que vous tapez plus fort sur votre table.

👍 93 · 🚩 5
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h00

Je maintiens : la Garde décidera si on lui demande. Vous verrez.

👍 71 · 🚩 9
Rente5pourCent 18 juin 1815, 17h04

Tout le monde parle de Hougoumont mais personne ne dit quoi faire lundi matin sur les rentes. Voilà la vraie question pour les familles sérieuses.

👍 132 · 🚩 18
LysDuFaubourg 18 juin 1815, 17h06

La France aspire seulement au repos. Certains confondent encore gloire et agitation perpétuelle.

👍 87 · 🚩 44
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h08

Traduction : vous attendez les fourgons de l’étranger en prétendant aimer le calme.

👍 146 · 🚩 31
PatrioteInquiet 18 juin 1815, 17h11

La rédaction a raison de distinguer faits et rumeurs. Depuis midi on a déjà “confirmé” trois fois des nouvelles contradictoires.

👍 201 · 🚩 2
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h14

Mon commentaire sur les lâches du faubourg a encore été supprimé. Très belle liberté de la presse.

👍 66 · 🚩 27
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h14

Mon commentaire sur les lâches du faubourg a encore été supprimé. Très belle liberté de la presse.

👍 14 · 🚩 8
VieuxGrognard 18 juin 1815, 17h15

Mon commentaire sur les lâches du faubourg a encore été supprimé. Très belle liberté de la presse.

👍 9 · 🚩 6
LysDuFaubourg 18 juin 1815, 17h20

👍 0 · 🚩 51

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