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La France est en guerre avec l’Allemagne depuis dix-sept heures

Ce dimanche 3 septembre, à dix-sept heures, l’état de guerre est entré en vigueur entre la France et le Reich allemand. L’ultimatum sommant l’Allemagne de retirer ses troupes de Pologne est resté sans réponse ; notre ambassadeur à Berlin, M. Robert Coulondre, en a notifié les conséquences à la Wilhelmstrasse. Le Royaume-Uni, lui, est en guerre depuis ce matin. La cause est connue de tous : l’invasion de la Pologne, voici deux jours.

La rédaction 3 septembre 1939, 21h00 6 min de lecture
Une du quotidien « Paris-Soir » du 3 septembre 1939 annonçant que la France et l’Angleterre sont en guerre avec l’Allemagne.
Quotidien « Paris-Soir », une du 3 septembre 1939, annonçant l’entrée en guerre. Numérisation Bibliothèque nationale de France (Gallica) — domaine public (Wikimedia Commons).

La France est en guerre. Depuis dix-sept heures, ce dimanche 3 septembre, l’état de guerre est ouvert entre la République et l’Allemagne du chancelier Hitler. La nouvelle, attendue de jour en jour depuis l’agression de la Pologne, n’en frappe pas moins le pays d’une gravité que chacun mesure : c’est la seconde fois, en l’espace d’une vie d’homme, que l’on se bat contre le même adversaire.

L’engrenage s’est noué en quelques heures. Sommé de suspendre son attaque contre la Pologne et d’en retirer ses troupes, le gouvernement du Reich n’a donné aucune réponse satisfaisante. À l’expiration du délai fixé, à dix-sept heures, heure de Paris, notre ambassadeur à Berlin, M. Robert Coulondre, s’est rendu à la Wilhelmstrasse pour y notifier au ministre des Affaires étrangères, M. von Ribbentrop, que la France se trouvait désormais tenue de remplir les engagements qu’elle avait contractés envers la Pologne.

Selon les éléments parvenus ce soir, c’est dans l’après-midi que notre représentant a remis la note française, dont l’échéance était arrêtée à dix-sept heures. L’Allemagne ayant laissé passer ce terme sans céder, l’état de guerre s’est trouvé constitué de plein droit à l’heure dite. Aucun ménagement de langage n’a paru possible : c’est en termes mesurés, mais sans équivoque, que la rupture a été signifiée.

La France n’est pas seule. Le Royaume-Uni l’a précédée de quelques heures : à Londres, l’ultimatum britannique expirait ce matin à onze heures, et c’est dès la matinée que le gouvernement de Sa Majesté s’est déclaré en état de guerre avec l’Allemagne. Les deux alliés, liés à la Pologne par leur parole, entrent ainsi ensemble dans le conflit, à quelques heures d’intervalle.

Du côté français, ce sont le président du Conseil, M. Édouard Daladier, et le ministre des Affaires étrangères, M. Georges Bonnet, qui ont conduit ces dernières démarches, l’acte étant accompli au nom des engagements internationaux de la France. La décision prolonge l’avertissement adressé ces jours derniers à Berlin : que l’invasion de la Pologne ne resterait pas sans réponse.

Comment cette guerre se conduira-t-elle ? Nul, ce soir, ne saurait le dire. La Pologne est attaquée à l’est ; nos armées, mobilisées, prennent leurs positions ; mais de la forme que prendront les opérations, de l’heure et du lieu où le choc se produira, on ne sait rien encore. La question est sur toutes les lèvres : la France passera-t-elle à l’offensive, ou la lutte se réglera-t-elle d’abord sur d’autres fronts ? À ces interrogations, l’heure n’apporte aucune réponse.

Ce que l’on sait, ce soir, tient en peu de mots : un délai a expiré, une note a été remise, et, à dix-sept heures, la France est entrée en guerre. Le reste appartient aux jours qui viennent.

Le contexte

Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes ont franchi la frontière polonaise et engagé les hostilités sans déclaration de guerre préalable.

La France et le Royaume-Uni étaient liés à la Pologne par des engagements d’assistance ; ils avaient averti Berlin que l’agression entraînerait leur entrée en guerre.

Le 2 septembre, la France a décrété la mobilisation générale ; les affiches en ont été apposées sur les murs des villes et des villages.

À Londres, l’ultimatum britannique a expiré ce 3 septembre à onze heures ; le Royaume-Uni s’est déclaré en état de guerre dès la matinée.

État des informations

Cette édition s’en tient à ce qui est connaissable au soir du 3 septembre 1939 : un délai expiré, une note remise, un état de guerre constitué à dix-sept heures. Elle ne préjuge ni de la forme, ni de la durée, ni de l’issue de la guerre qui commence. Les paroles officielles sont rapportées et attribuées, non endossées ; les points encore incertains ou rapportés de seconde main sont signalés comme tels.

Ce que l’on sait

  • Le 3 septembre 1939, à dix-sept heures (heure de Paris), l’état de guerre est entré en vigueur entre la France et l’Allemagne.
  • L’ambassadeur de France à Berlin, M. Robert Coulondre, a notifié à M. von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich, que la France remplirait ses engagements envers la Pologne à compter de cette heure.
  • Le délai laissé à l’Allemagne pour suspendre son attaque et retirer ses troupes de Pologne a expiré sans réponse satisfaisante de Berlin.
  • Le Royaume-Uni est en guerre avec l’Allemagne depuis ce matin, son ultimatum ayant expiré à onze heures, heure de Londres.
  • La cause de cet état de guerre est l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, le 1er septembre 1939.

Ce que l’on ignore

  • On ignore quelle forme prendront les opérations militaires, et où et quand se produira le premier choc d’importance.
  • On ignore si la France passera à l’offensive, et selon quel plan.
  • La teneur exacte des derniers échanges diplomatiques à Berlin (heure précise de remise de la note, termes du refus allemand) n’est connue ce soir que par bribes.
  • Le sort de la Pologne, attaquée depuis deux jours, et la conduite que tiendront les autres puissances demeurent incertains.

Sources historiques utilisées

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Déclaration de guerre de la France à l’Allemagne (1939) — Wikipédia

Article consulté pour le déroulé du 3 septembre 1939 : remise de la note française par l’ambassadeur Robert Coulondre, échéance fixée à 17 h, rôle de Daladier et Bonnet, déclaration au nom des engagements internationaux de la France. (La page consultée a parfois renvoyé une erreur ; les faits ont été recoupés avec Herodote et histoire-en-questions.)

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Seconde Guerre mondiale — Wikipédia

Consulté pour le cadre général : invasion de la Pologne le 1er septembre 1939, entrée en guerre du Royaume-Uni et de la France le 3 septembre.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

L’article simule une dépêche du soir du 3 septembre 1939, à l’heure où l’état de guerre vient d’entrer en vigueur. Les formulations à chaud imitent un quotidien du moment ; rien n’est affirmé au-delà de ce qui est connaissable à cette date.

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5 septembre 1939, 08h006 min