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al-Adil, frère du sultan : « La trêve n'abandonne rien ; elle donne son temps à la parole donnée »

C'est lui qui, depuis des mois, porte les paroles d'un camp à l'autre. al-Adil, que les Francs nomment Saphadin, frère du sultan Saladin et artisan de l'accord de trois ans, s'explique par la voix d'un truchement sur ce que la trêve concède, sur ce qu'elle préserve, et sur les raisons pour lesquelles arrêter les armes n'est ni faiblesse ni reniement.

Foulque de Nesle, clerc à la suite de l'ost, recueilli sous la trêve, devant Jaffa 4 septembre 1192 13 min de lecture

Depuis des mois, un homme fait la navette entre les deux camps que rien, ni la langue ni la foi, ne rapproche : al-Adil, que les nôtres appellent Saphadin, frère cadet du sultan Saladin et son négociateur en chef. C'est par lui que passent les propositions, les refus, les cadeaux et les délais. La trêve de trois ans conclue ces jours-ci devant Jaffa est en grande partie son ouvrage. Nous avons pu, sous la trêve, recueillir sa parole, par l'entremise d'un truchement des pourparlers, dans l'entourage d'Onfroy de Toron, qui sait l'arabe et sert d'interprète aux tractations.

Il parle en homme de guerre habitué au conseil, sans emportement, choisissant ses mots comme on choisit ses gages dans un marché long. Il ne cache ni sa fierté ni sa défiance ; il ne feint pas non plus l'amitié qu'il n'a pas. Ce que rapportent ses propres témoins, nous le restituons ici en une seule voix, en avertissant qu'aucune de ces phrases n'est jurée de sa bouche.

Grand entretien

al-Adil Sayf al-Din (« Saphadin » pour les Francs), frère du sultan Saladin et son principal négociateur auprès du camp franc ; propos recueillis par l'entremise d'un truchement pendant les pourparlers de la trêve

Cet entretien est doublement médié. Un émir ayyoubide ne parle pas la langue franque : l'échange a passé par un truchement arabophone des pourparlers — l'entourage d'Onfroy de Toron, seigneur franc versé dans l'arabe et attesté comme interprète des tractations —, puis a été mis en français. C'est en outre une reconstruction éditoriale : la voix d'al-Adil est reconstituée d'après ce que les témoins arabes du sultan (Baha al-Din ibn Shaddad, Imad al-Din al-Isfahani) rapportent des positions et des gestes du camp ayyoubide ; aucune réplique n'est la citation exacte et vérifiée d'al-Adil. Enfin, le mot célèbre selon lequel al-Quds serait « à nous autant qu'à vous, et plus sacrée » est de Saladin lui-même : il est ici attribué au sultan, jamais mis dans la bouche de son frère.

Émir, c'est vous, et non le sultan votre frère, qui traitez avec nos rois. Pourquoi vous ?

Parce qu'un sultan ne marchande pas lui-même, comme un roi ne descend pas discuter le prix d'une ville sur le seuil de sa tente. Mon frère le sultan commande les armées et tranche ; il ne peut pas passer ses journées à peser des mots avec vos envoyés, à reprendre vingt fois la même clause, à recevoir des présents et à en rendre. Ce travail-là, patient, revient à un homme de sa maison en qui il a confiance, et qui a gouverné pour lui l'Égypte et des villes de Syrie. J'ai fait la guerre à vos côtés opposés depuis assez d'années pour connaître ce que vaut un accord et ce que vaut une menace. Et puis il faut, entre deux camps qui ne se fient pas, un visage constant : depuis des mois, c'est le mien que vos gens voient revenir. Cela use, mais cela sert. Un accord se noue plus vite entre des hommes qui se sont déjà parlé dix fois qu'entre deux souverains qui ne se sont jamais vus.

Justement : vous scellez la paix de deux rois qui ne se sont jamais rencontrés. Cela ne rend-il pas l'accord fragile ?

Il est vrai qu'ils ne se sont jamais trouvés face à face, et je ne crois pas qu'ils le veuillent. Le roi Richard a proposé des entrevues ; mon frère a répondu qu'entre rois, une fois qu'on s'est vu et qu'on s'est parlé, on ne peut plus se faire la guerre sans honte, et qu'il ne fallait pas s'y engager tant qu'une paix ferme n'était pas conclue. Cela peut vous sembler un empêchement ; c'est au contraire une prudence. Un accord n'a pas besoin de deux hommes qui s'aiment, il a besoin de deux hommes qui tiennent leur parole. J'ai parlé pour l'un, des seigneurs comme Onfroy de Toron et Balian ont parlé pour l'autre, et les termes ont été portés, rapportés, corrigés autant de fois qu'il l'a fallu. La solidité d'une trêve ne tient pas à l'amitié des princes : elle tient à ce que chacun y trouve son compte assez pour ne pas rompre le premier. C'est le cas ici, pour l'un comme pour l'autre.

Venons-en aux termes. Que le camp du sultan concède-t-il, dans cet accord ?

Nous ne cachons pas ce que nous lâchons, car ce n'est pas peu. Les Francs garderont la côte, de Tyr jusqu'à Jaffa, Acre comprise — ce chapelet de ports que vous avez repris à si grand prix. C'est à vous, et nous ne le contestons plus pour la durée de la trêve. Reste Ascalon, qui commande la route d'Égypte : le roi Richard l'avait relevée de ses ruines, à grand-peine et à grand coût, et il y tenait comme à une clef. Il l'a rendue : elle sera démantelée, ses murs abattus, et la place revient au sultan sans fortifications. Voilà ce que nous accordons, et voilà ce que nous récupérons. Je ne vous dirai pas que cela s'est fait de bon cœur des deux côtés ; cela s'est fait parce qu'aucun des deux ne pouvait tout garder. Un marché où l'on ne cède rien n'est pas un marché, c'est une reddition, et il n'y a eu de reddition ni chez vous ni chez nous.

Et ce que la trêve préserve, pour vous ?

L'essentiel, et vous le savez déjà : al-Quds demeure à l'islam. C'est le cœur de tout l'accord, le point sur lequel mon frère n'a jamais varié d'un pouce, et sur lequel, s'il avait fallu, la guerre eût continué. Vous avez repris des ports, vous n'aurez pas la Ville. Vos armées se sont approchées deux fois des hauteurs qui la dominent, jusqu'à Beit Nuba, à quelques milles de ses murs ; deux fois elles ont fait demi-tour sans oser l'assiéger, parce que vos propres chefs savaient qu'une ville prise n'est rien si l'on ne peut la tenir, et que le pays autour ne vous nourrissait pas. Nous le savons aussi. La trêve ne fait qu'inscrire ce que les armes avaient déjà tranché sur le terrain : al-Quds reste entre nos mains. Tout le reste — la côte, Ascalon, les pèlerinages — se négocie autour de ce point qui, lui, ne se négociait pas.

Pourquoi al-Quds compte-t-elle à ce point pour vous ? Nous la pleurons comme le tombeau de notre Seigneur ; que représente-t-elle pour l'islam ?

Elle n'est pas moins sainte pour nous qu'elle ne l'est pour vous, et mon frère l'a dit à vos envoyés en des termes plus fermes que je ne saurais en trouver. C'est de là, du rocher que couvre le Dôme, que le Prophète — sur lui la paix — fut porté dans son Voyage nocturne, puis élevé vers les cieux : nulle terre au monde ne garde une telle trace. Ce fut la première direction vers laquelle les croyants tournaient leur prière, avant même la Mecque. La mosquée al-Aqsa y est dressée, et l'on tient que c'est là que les hommes seront rassemblés au Jour du Jugement. Mon frère, à qui l'on pressait de partager la Ville, a répondu qu'elle nous est aussi sacrée qu'à vous, et davantage, que c'est de ce lieu que notre Prophète fit son ascension, et que la terre fut nôtre à l'origine. Ce sont ses mots, non les miens, et je ne les adoucirai pas. Quand il l'a reprise, voici cinq étés, il n'a pas rendu le mal que vos pères avaient fait en la prenant : il n'y a pas eu de rues emplies de sang. Il a rendu la Ville à sa vraie condition, et cela, pour nous, était juste.

Pourtant vous ouvrez la Ville à nos pèlerins. Vous nous refusez Jérusalem, et vous nous y laissez entrer : où est la logique ?

Il n'y a nulle contradiction pour qui n'a pas la tête tournée par la guerre. Nous vous refusons de tenir la Ville par les armes ; nous ne vous refusons pas d'y venir prier sans armes. La trêve le garantit : vos pèlerins pourront gagner le Saint-Sépulcre librement et sans être inquiétés, pourvu qu'ils viennent en pèlerins et non en soldats, le bâton et non l'épée. Mon frère n'a jamais fait la guerre aux prières ; il a fait la guerre à une domination. Un homme qui vient à genoux devant un tombeau qu'il tient pour saint ne menace personne. C'est même l'honneur d'un prince que de garder les lieux saints ouverts à ceux qui les révèrent, du moment qu'ils reconnaissent à qui la Ville appartient. Vous aurez donc ce que beaucoup, chez vous, étaient venus chercher de si loin : revoir le Sépulcre. Vous ne l'aurez pas les armes à la main, et je crois, en toute franchise, que bien des vôtres, épuisés de trois années de campagne, s'en contenteront plus volontiers qu'ils ne l'avoueront à leurs prêtres.

Vos docteurs vous reprochent-ils d'arrêter la guerre sainte ? Au nom de quoi une trêve avec nous est-elle permise ?

On me le demande, et la réponse est claire pour qui connaît notre Loi. Suspendre le combat par une trêve — nous disons une hudna — est licite quand cela sert l'intérêt des musulmans : c'est un répit, non un abandon. La Loi le permet expressément, à condition que la trêve soit limitée dans le temps, ce qu'est la nôtre. Et nous avons pour cela le plus haut des exemples : le Prophète lui-même — sur lui la paix — conclut jadis à Hudaybiyya une trêve de plusieurs années avec ceux de la Mecque qui le combattaient encore. Nul parmi les croyants n'oserait dire que le Prophète a failli en la signant ; ce répit tourna d'ailleurs à l'avantage de l'islam. Celui qui arrête les armes pour un temps mesuré, quand la guerre a assez saigné les deux camps et qu'un délai vaut mieux qu'une bataille de plus, ne renie rien. Il use d'un droit que la Loi lui donne. Ceux qui, dans nos rangs, murmurent contre la trêve confondent la vaillance avec l'entêtement. Mon frère n'est pas un homme qu'on soupçonnera d'avoir manqué de courage envers vous.

Trois ans, et non la paix. Pourquoi un délai, et qu'en attendez-vous ?

Parce que trois ans, c'est ce qu'un homme raisonnable peut promettre sans mentir. La paix pleine et entière, qui dirait aujourd'hui la tenir ? Ni vos rois ni le mien. Trois années — certains disent trois ans et trois mois — c'est le temps de laisser les armes refroidir, de rouvrir les routes, de laisser les marchands revenir dans vos ports et les nôtres, de laisser les blessures des deux peuples se fermer un peu. Ce que nous attendons de ce délai, je ne le devinerai pas pour vous : nul ne sait ce que vaudront ces trois ans, ni ce que chacun en fera. Un roi peut mourir, un autre monter, les forces se déplacer d'un côté ou de l'autre. Une trêve courte a cet avantage qu'elle n'engage pas l'avenir au-delà de ce qu'on peut voir. Nous ne prétendons pas régler pour toujours ce que la guerre n'a pas tranché ; nous posons les armes pour un temps compté, et nous verrons, ce temps venu, où en seront les choses. Promettre davantage serait promettre du vent.

L'été dernier, à Acre, vos prisonniers ont été mis à mort par milliers, sous les murs. Ce grief pèse-t-il encore, à l'heure de traiter ?

Il pèse, et il pèsera longtemps. Vous parlez d'Ayyadieh. Ces hommes s'étaient rendus sur la foi d'un accord ; ils attendaient leur rançon et leur délivrance. On les a fait sortir, liés, et on les a tués sous nos yeux, à portée de nos lignes, sans que nous puissions les secourir. Baha al-Din, qui était là, en garde le cœur soulevé, et il n'est pas homme à s'attendrir sur l'ennemi. Le roi Richard dit que les délais n'avaient pas été tenus, que l'or et la Croix promise tardaient, qu'il ne pouvait garder tant de captifs en marchant vers le sud. Je connais ses raisons ; elles n'effacent pas la chose. On ne fait pas égorger des hommes désarmés qui se sont remis à votre parole. Que cela pèse à l'heure de traiter avec lui, oui, cela pèse. Mais un négociateur qui laisserait le sang d'hier lui fermer la bouche aujourd'hui ferait tuer, par rancune, ceux de demain. Je porte ce grief, je ne l'oublie pas, et je traite quand même : c'est mon office, et c'est, je crois, ce que veut le sens.

Et de Richard lui-même, que pense-t-on au camp du sultan ?

On le tient pour un adversaire redoutable, et je ne vous dirai pas le contraire pour vous complaire ni pour le rabaisser. C'est un combattant comme on en voit peu, hardi jusqu'à l'imprudence, présent partout où le fer se croise. À Jaffa, ces jours derniers, il a sauvé la ville presque de sa seule audace. On raconte, dans nos rangs, qu'un jour de combat, sa monture ayant été tuée sous lui et le voyant à pied au milieu de la mêlée, je lui fis mener deux chevaux frais, pour qu'un roi ne se batte pas comme un piéton : entre gens de guerre, on se doit ces égards, même l'épée haute. Cela ne veut pas dire que je me fie à lui. C'est un homme emporté, dont la parole suit l'humeur, et l'affaire d'Ayyadieh m'a appris ce que vaut sa patience quand un délai le contrarie. Estime et méfiance vont ensemble, chez moi, quand je pense à lui : je le respecte comme guerrier, je le surveille comme partie à un accord. On peut admirer le bras d'un homme et compter tout de même ses gages deux fois.

On a parlé, un temps, d'un mariage entre vous et Jeanne, la sœur du roi Richard. Qu'en est-il ?

Vous touchez là à une affaire dont je parlerai avec mesure, car elle appartient plus au jeu des pourparlers qu'à ma vie d'homme. Il fut proposé, l'an dernier, que j'épouse la dame Jeanne, sœur du roi, veuve du roi de Sicile, et que les époux tinssent ensemble la côte et peut-être la Ville, chrétiens et musulmans mêlés sous un même toit — de quoi finir la guerre par un lit plutôt que par le fer. L'idée vint d'un côté et fut renvoyée de l'autre ; qui l'a lancée le premier, on en dispute encore. Mon frère l'a laissée courir, sachant fort bien, je crois, que le roi Richard ne l'accepterait jamais tout à fait, et que ce n'était guère qu'un moyen de sonder l'autre camp et de gagner du temps. La dame, dit-on, refusa net d'épouser un homme qui n'est pas de sa foi, à moins que je ne me fisse chrétien, ce que je ne ferai pas. Tenez donc cela pour ce que c'est : une carte qu'on avance sur la table des marchandages, non une noce qu'on prépare. Je ne sais même pas si vos gens, chez vous, en ont seulement entendu parler ; chez nous, on en a parlé, et cela suffit à ma prudence.

Un dernier mot, émir. Après trois étés de guerre, pourquoi la parole cette fois, et non le fer ?

Parce que les deux camps sont las, et qu'il n'y a nulle honte à le dire quand c'est vrai. Trois étés que vos hommes et les nôtres campent, marchent, s'affament, enterrent leurs morts sous ce soleil. Vos rois se sont divisés, l'un est reparti pour son royaume voici plus d'un an, l'autre brûle de fièvre et se ronge de ce qui se trame derrière lui, au-delà des mers. Nos troupes, levées année après année, ont besoin de rentrer à leurs terres et à leurs familles ; on ne tient pas une armée en campagne sans fin. Quand la guerre ne fait plus avancer ni l'un ni l'autre, s'obstiner n'est pas du courage, c'est du gâchis. Arrêter à temps, quand chacun garde ce qu'il peut tenir, c'est la sagesse d'un prince, non la défaite d'un vaincu. Nous gardons al-Quds, vous gardez vos ports, vos pèlerins prieront au Sépulcre : voilà où en sont les choses ce jour. Ce que vaudront ces trois années, Dieu seul le sait. Nous les avons voulues pour poser les armes sans rien renier — et la parole donnée, chez nous comme chez vous, oblige celui qui la donne.

Le contexte

La trêve conclue devant Jaffa au début de septembre 1192 laisse aux Francs la bande côtière de Tyr à Jaffa, Acre comprise ; Ascalon, relevée par Richard, doit être démantelée et rendue au sultan ; al-Quds (Jérusalem) demeure musulmane.

L'accord garantit aux pèlerins chrétiens désarmés l'accès au Saint-Sépulcre, où ils pourront se rendre librement et sans être inquiétés. Sa durée est fixée à trois ans (certains disent trois ans et trois mois).

al-Adil (al-Malik al-Adil Sayf al-Din), né vers 1145, frère cadet de Saladin, a gouverné l'Égypte et Alep. Homme de guerre et de conseil, il mène l'essentiel des pourparlers avec le camp franc ; ses interlocuteurs sont notamment Onfroy de Toron, arabophone, et Balian d'Ibelin.

Richard Cœur de Lion et Saladin ne se sont jamais rencontrés en personne. En 1187, après Hattin, Saladin avait repris Jérusalem par une reddition négociée, sans le massacre qui avait accompagné la prise franque de 1099.

Au cours de la campagne, les Francs ont pris Acre le 12 juillet 1191 ; environ deux mille sept cents prisonniers musulmans ont été exécutés à Ayyadieh vers le 20 août 1191 ; l'armée franque s'est approchée deux fois de Beit Nuba, à quelques milles de Jérusalem, sans jamais assiéger la ville.

État des informations

Cette édition s'en tient à ce qui est connaissable le 4 septembre 1192, du point de vue ayyoubide, restitué à travers les témoins arabes du sultan. La place centrale que l'émir se donne dans la négociation est la lecture de son propre camp ; côté franc, on créditerait tout autant Balian d'Ibelin et Onfroy de Toron. L'édition ne préjuge en rien de la suite : ni de ce que deviendront les trois ans de trêve, ni du moment où le roi Richard quittera la Terre sainte.

Ce que l’on sait

  • La trêve laisse aux Francs le littoral de Tyr à Jaffa (Acre comprise) ; Ascalon est démantelée et rendue au sultan ; al-Quds reste à l'islam ; les pèlerins chrétiens désarmés ont accès au Saint-Sépulcre. Sa durée est de trois ans.
  • al-Adil, frère de Saladin, est l'un des principaux négociateurs du camp ayyoubide auprès des Francs.
  • Saladin a repris Jérusalem en 1187 après la victoire de Hattin.
  • Richard et Saladin n'ont jamais eu d'entrevue directe ; les tractations passent par des intermédiaires, dont al-Adil et Onfroy de Toron.

Ce que l’on ignore

  • Ce que vaudront ces trois années de trêve et ce que chaque camp en fera.
  • Combien de temps encore le roi Richard demeurera en Terre sainte : malade, il dit vouloir rentrer, mais n'est pas parti.

Sources historiques utilisées

secondary

Traité de Jaffa (1192)

Wikipédia · 2024

Termes de la trêve du début septembre 1192 : littoral de Tyr à Jaffa aux Francs, démantèlement d'Ascalon rendue au sultan, al-Quds musulmane, accès des pèlerins désarmés au Saint-Sépulcre, durée de trois ans.

secondary

Treaty of Jaffa (1192)

Wikipedia · 2024

Détail des clauses et du contexte de la trêve ; interlocuteurs des pourparlers (al-Adil, Onfroy de Toron, Balian d'Ibelin) ; état de fatigue des deux camps et maladie de Richard.

secondary

Al-Adil I

Wikipedia · 2024

Éléments biographiques sur al-Adil Sayf al-Din, son rôle de négociateur, ses échanges de courtoisie avec Richard, et le projet de mariage avec Jeanne, attesté par les seules sources arabes comme un stratagème diplomatique.

secondary

Baha ad-Din ibn Shaddad

Wikipedia · 2024

Cadi et proche conseiller de Saladin, témoin oculaire du camp ayyoubide ; source pour le massacre d'Ayyadieh, les positions du sultan et les gestes de courtoisie entre les deux camps.

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale — entretien avec al-Adil

La rédaction d'Aujourd'hier · 2026

La voix d'al-Adil est un personnage reconstitué. Elle compose, en une seule parole, les positions et les gestes du camp ayyoubide tels que les rapportent les témoins arabes du sultan (Baha al-Din ibn Shaddad, Imad al-Din al-Isfahani) ; aucune réplique n'est la citation exacte et vérifiée d'al-Adil. Le mot sur al-Quds « à nous autant qu'à vous, et plus sacrée » est de Saladin et lui est ici attribué. Les faits matériels (clauses de la trêve, rôle d'al-Adil, reprise de 1187, Ayyadieh) sont établis par croisement des sources.

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