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Le fils tombé près du père : John, vicomte Lisle

Auprès du vieux Talbot, à Castillon, est demeuré son fils, John, vicomte Lisle. On sait peu de chose de ce jeune seigneur, sinon qu'il était venu de mer ce printemps, à la tête de gens fraîchement levés, pour renforcer son père en Guyenne. Il n'avait, dit-on, guère plus de vingt-cinq ans.

Notre correspondant en Guyenne 28 juillet 1453 3 min de lecture

Parmi les morts du 17 de ce mois, sous Castillon, on compte le propre fils du comte de Shrewsbury : John Talbot, que les Anglais nomment vicomte Lisle. Il est tombé, rapporte-t-on, non loin du vieux capitaine, dans la même presse et le même jour. De ce jeune seigneur, à dire vrai, nous savons peu : son nom paraît surtout attaché à celui de son père, et c'est dans son ombre qu'il avait passé la mer.

Il était le fils que le comte avait eu de sa seconde femme, dame de la maison de Beauchamp. Anobli et titré de son vivant par le roi d'Angleterre — baron, puis vicomte Lisle, à ce qu'on assure —, il n'avait pas vu, croyons-nous, plus d'une vingtaine d'années passées : un homme jeune, en somme, encore au seuil de son nom.

C'est au printemps de cette année qu'il avait abordé en Guyenne. Le comte son père tenait Bordeaux depuis l'automne dernier, l'ayant recouvrée pour les Anglais ; et le fils était venu de mer, à la tête de gens d'armes et d'archers fraîchement levés outre-Manche, pour grossir les forces de son père dans le pays. On les a vus l'un et l'autre devant les places de la Dordogne ces dernières semaines.

Sur l'homme lui-même, ce qu'il fut, ce qu'il valait aux armes, nous n'avons que peu à dire, et nous préférons l'avouer plutôt que de broder : il n'avait pas eu le loisir de se faire un nom à part de celui qu'il portait. On veut qu'aux derniers moments, quand tout fut rompu, il n'ait pas voulu quitter son père et soit demeuré près de lui : récit qui court les rangs anglais, et qu'on rapporte sans en pouvoir répondre. De deux Talbot venus ensemble, le père et le fils, aucun n'est reparti.

Le contexte

Le comte de Shrewsbury, John Talbot, tenait le commandement des forces anglaises en Guyenne ; il avait recouvré Bordeaux pour son roi à l'automne dernier, après que la ville se fut rendue au roi de France l'été d'avant.

Au printemps de cette année, des renforts levés en Angleterre ont abordé en Guyenne sous la conduite du fils du comte, John, vicomte Lisle.

Le 17 juillet, sous Castillon, sur la Dordogne, l'armée anglaise venue dégager la place a été rompue ; le comte et son fils y ont laissé la vie.

État des informations

Ce portrait s'en tient à ce qu'on peut savoir d'un homme dont les sources parlent peu, à la fin de juillet 1453. Là où elles sont muettes, nous le disons plutôt que de broder, et nous ne préjugeons en rien de la suite.

Ce que l’on sait

  • John Talbot, vicomte Lisle, était le fils du comte de Shrewsbury et de sa seconde femme, de la maison de Beauchamp.
  • Il avait reçu de son vivant titre et seigneurie du roi d'Angleterre, étant fait baron puis vicomte Lisle.
  • Il a abordé en Guyenne au printemps de cette année, à la tête de renforts levés en Angleterre, pour joindre son père.
  • Il est tombé sous Castillon le 17 juillet, le même jour que le comte son père.

Ce que l’on ignore

  • Le détail de sa vie et de ses faits d'armes avant cette campagne, sur quoi les rapports sont minces.
  • Son âge exact, qu'on dit d'environ vingt-cinq ans, sans qu'on le puisse assurer.
  • Le nombre précis des gens qu'il a menés de mer, donné par des chiffres qui varient d'un rapport à l'autre.

Sources historiques utilisées

secondary

John Talbot, 1st Viscount Lisle — Wikipedia

Filiation (fils du comte de Shrewsbury et de Margaret Beauchamp, né vers 1426), titres de baron (1444) puis vicomte Lisle (1451), levée de renforts et embarquement en mars 1453, mort à Castillon le 17 juillet 1453.

secondary

John Talbot, 1st Earl of Shrewsbury — Wikipedia

Commandement en Guyenne (lieutenant d'Aquitaine, arrivée à Bordeaux en octobre 1452), arrivée du fils avec des renforts au printemps 1453, prise de Fronsac, mort du père et du fils à Castillon le 17 juillet 1453.

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale — Les Échos du Passé

Les formulations « à chaud » imitent une feuille d'information de l'été 1453 ; reconstitution maison croisée sur les sources ci-dessus, sans rien avancer qui n'ait été recoupé.

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26 juillet 1453, 08h006 min