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« Nous le tenons à la gorge » : le connétable d’Albret dit comment il veut arrêter l’Anglais

La Somme franchie, l’armée de Henri file vers Calais, affamée et réduite. Au camp de l’ost, le connétable Charles d’Albret, à qui le roi absent a remis le commandement, expose sa manière : barrer la route du Nord, attendre les dernières bannières, laisser la faim faire son œuvre — et tenir en bride une noblesse qui ne rêve que d’en découdre.

Recueilli par notre chroniqueur, au camp de l’ost de France 20 octobre 1415, 09h00 12 min de lecture

Nous avons trouvé le connétable au camp de l’ost, ce 20 de ce mois, dans le désordre affairé d’une armée en marche : bannières rentrant les unes après les autres, chariots, valets, chevaux qu’on mène à l’abreuvoir, et partout ce bruit de fond des hommes qui attendent l’ordre de partir. La veille est venue au camp la nouvelle que chacun redoutait : l’Anglais a passé la Somme, du côté de l’amont de Péronne, et file désormais vers le nord et vers Calais. Charles d’Albret, connétable de France, à qui le roi malade a remis le commandement des armes, a bien voulu nous dire, entre deux conseils, sa manière et son dessein.

Nous l’avons trouvé grave, mesuré, point abattu par le franchissement qui déjoue le rempart de la Somme qu’il avait dressé. Homme de guerre éprouvé, deux fois porté à la charge de connétable et une fois écarté au gré des factions du royaume, il parle en capitaine qui a vu bien des campagnes et qui pèse ses mots. On sent, à l’entendre, que son adversaire du moment n’est pas seulement le roi d’Angleterre, mais aussi la fougue des grands qu’il lui faut mener.

Nous rapportons ses propos tels qu’il nous les a tenus, sur sa stratégie, sur l’état de l’ennemi, et sur la plus rude de ses tâches : commander, en l’absence du roi, à des princes qui se tiennent pour ses égaux.

Grand entretien

Charles d’Albret, connétable de France

Cet entretien est une reconstitution éditoriale. Charles d’Albret, connétable de France, est un personnage historique réel, mais aucune de ces paroles ne lui est attestée : nous n’en possédons aucune trace authentique. Nous avons prêté à ce grand capitaine des propos conformes à ce qu’un homme de son rang pouvait dire, savoir et calculer au camp de l’ost, les 19 et 20 octobre 1415, à l’heure où l’armée anglaise vient de passer la Somme. Rien n’y anticipe la suite des opérations, que le connétable lui-même ne connaît pas.

Monseigneur, la nouvelle est venue au camp : l’Anglais a franchi la Somme. Vous aviez fait de cette rivière votre rempart. Que répondez-vous ?

Qu’une rivière n’a jamais arrêté à elle seule une armée décidée à passer. Je vous le dis sans détour : nous tenions la Somme des ponts d’Abbeville jusqu’en amont, nous avions rompu les passages et gardé les gués, et j’avais bon espoir de le contraindre à s’y user longtemps. Il a trouvé son point faible du côté de Béthencourt et de Voyennes, au-dessus de Péronne, là où les gués sont menus et nombreux, et il est passé. C’est un revers, je ne le nie point. Mais un revers n’est pas une défaite, et celui qui commande ne s’attarde pas à pleurer un plan déjoué : il en fait un autre le jour même. La Somme nous a servi à ce qu’elle devait servir : elle l’a retardé, elle l’a fait remonter loin de Calais, elle l’a affamé de journées entières. L’ouvrage n’est point perdu, il change de forme.

Quelle forme, justement ? Que comptez-vous faire maintenant qu’il est sur l’autre rive ?

Lui barrer la route du Nord. Il n’a plus qu’une pensée en tête, gagner ses places de Calais et repasser la mer ; toute sa marche le crie. Or entre la Somme et le Boulonnais il lui reste bien du chemin à faire, en pays qui ne lui veut aucun bien, et c’est ce chemin que je veux lui fermer. Nous nous portons au-devant de lui pour lui couper la voie, le prendre de flanc ou de front, l’obliger à s’arrêter là où nous l’aurons décidé et non où il l’aura choisi. Tant qu’il marche, il nous échappe ; le jour où nous lui barrons la route, c’est lui qui doit venir à nous ou périr de faim sur place. Voilà où j’entends le mettre.

Vous parlez de faim. Est-ce là votre véritable arme contre cette armée ?

C’est l’une des meilleures, et elle ne coûte pas une goutte de sang des nôtres. Songez à ce qu’est aujourd’hui cette armée anglaise. Elle a passé des semaines devant Harfleur, où le flux de ventre l’a fauchée comme faux en pré ; le roi Henri a dû renvoyer outre-mer ses malades les plus atteints, et ce qu’il traîne par nos chemins est fort réduit de ce qui débarqua cet été. Depuis Harfleur, il marche vite, à la légère, sans convoi de bouche digne de ce nom, dans une contrée où l’on a vidé les granges et rentré les bêtes devant lui. Un tel homme n’a de vivres que pour quelques jours. Chaque journée que je lui prends, chaque détour que je l’oblige à faire, le rend plus faible. Le temps travaille pour moi. Il me suffit parfois de savoir attendre pour que l’ennemi se défasse tout seul.

Attendre, dites-vous. N’est-ce pas là beaucoup de patience pour une noblesse qui brûle d’en découdre ?

C’est tout le nœud de l’affaire, et je ne vous cacherai pas que c’est mon plus grand souci — plus grand, à cette heure, que l’Anglais lui-même. Nos anciens ont su, jadis, ce que valait la patience. Le bon roi Charles, cinquième du nom, et messire Bertrand du Guesclin, son connétable, ont repris à l’Anglais ce que Crécy et Poitiers nous avaient coûté, non par de grandes batailles rangées, mais en le harcelant, en lui refusant le champ ouvert qu’il cherchait toujours, en reprenant place après place quand il avait le dos tourné. Ils ont compris une chose que beaucoup, ici, veulent oublier : l’Anglais rêve de la bataille rangée, car ses archers y font merveille ; le lui refuser, c’est déjà à demi le vaincre. Je serais tenté de faire de même — le tenir, le suivre, l’affamer, et ne frapper qu’à coup sûr.

Vous seriez tenté, dites-vous. Cela veut-il dire que vous hésitez encore à livrer bataille ?

Un capitaine qui n’hésite pas est un capitaine qui n’a pas pesé son affaire. Je ne cherche pas la bataille pour elle-même ; je cherche à défaire cette armée au moindre prix pour le royaume. Si je puis l’arrêter, l’enfermer, l’affamer sans grand combat, je le ferai, et l’on m’en saura peu de gré, car il n’y a point de gloire à cela. Si le combat s’impose, alors je veux qu’il se donne à mon heure, sur un terrain choisi par moi, avec toutes mes forces réunies, et non dans l’élan d’un jour où l’honneur aura parlé plus haut que la raison. Toute la question est là : saurai-je faire prévaloir mon heure sur l’impatience des nôtres ? Je ne vous répondrai pas oui avec assurance. Je m’y emploie.

Vos forces sont-elles d’ailleurs toutes réunies ? On dit que des bannières manquent encore.

Elles ne le sont pas, et c’est une raison de plus de ne point précipiter les choses. De grands seigneurs sont encore en chemin, qui n’ont pas achevé de rassembler leurs gens et de me joindre. Chaque jour en amène de nouveaux, avec leurs hommes d’armes et leurs arbalétriers ; chaque jour rend notre ost plus fort et l’ennemi plus faible. Il y aurait folie à jeter dans la balance une armée à demi formée quand il suffit d’attendre trois ou quatre jours pour peser de tout notre poids. Le roi d’Angleterre, lui, n’attend plus rien de personne : nul renfort ne lui viendra de la mer. Nous grossissons, il maigrit. Le simple bon sens commande de laisser cet écart se creuser encore avant de conclure.

Combien d’hommes, au juste, l’Anglais peut-il vous opposer, et combien lui opposez-vous ?

Je me garderai de vous donner des nombres tranchés, car nul ne les connaît au vrai, ni lui ni moi, et un capitaine qui compte trop bien ses ennemis se ment souvent à lui-même. Ce que je tiens pour sûr, c’est que nous sommes sensiblement plus nombreux que lui — de beaucoup, disent mes éclaireurs, et je le crois. Lui n’aligne que quelques milliers d’hommes, et cette armée est faite pour l’essentiel d’archers, non de gens d’armes ; ôtez-lui ses archers, il ne reste pas grand-chose. Nous, nous menons la fleur des maisons du royaume, gens de cheval et gens de pied, en nombre qui devrait suffire deux fois. Mais je vous le dis aussi : le nombre est une chose trompeuse. Il rassure ceux qui le comptent et les aveugle sur le reste. Ce n’est pas la multitude qui gagne une journée, c’est l’ordre et la discipline. Et l’ordre, dans une armée si nombreuse et si fière, est précisément ce qui me coûte le plus à obtenir.

Vous revenez à cette difficulté de commander. Est-elle si grande ? Le roi vous a remis l’épée de connétable.

Le roi me l’a remise, oui, et je la porte. Mais notre sire Charles, que Dieu garde, n’est point ici pour appuyer de sa présence l’autorité qu’il m’a confiée ; le mal qui le tient depuis tant d’années le retient loin des camps. Commander des hommes d’armes, cela va ; commander à des princes du sang, à des ducs et des comtes qui se tiennent pour mes égaux, voire pour mes supérieurs de naissance, c’est un autre labeur. Chacun d’eux a ses gens, sa bannière, son honneur à défendre, et le sentiment que l’épée du connétable ne saurait ployer la sienne. Je donne un ordre, on en discute ; je désigne un rang, on le dispute. En l’absence du roi, mon commandement est de ceux qu’on écoute quand on le veut bien. Voilà la vérité de ma charge, et je ne la farderai pas devant vous.

On sait le royaume divisé entre les maisons d’Armagnac et de Bourgogne. Cette division pèse-t-elle jusque dans votre camp ?

Elle pèse partout, comment voulez-vous qu’elle épargne l’ost ? Le duc de Bourgogne, Jean, n’est pas parmi nous ; il n’a point mené ses forces au roi, quoi qu’il en dise, et son absence se sent. Ses amis se défient des nôtres, les nôtres se défient des siens, et il faut que chacun de mes conseils tienne compte de qui parle avant de peser ce qui est dit. Je me suis rangé, pour ma part, au parti de monseigneur d’Orléans et des Armagnacs, et l’on ne l’oublie pas quand je commande. Devant l’Anglais qui foule notre sol, ces querelles devraient se taire ; je voudrais qu’elles se tussent. Mais un homme ne défait pas en huit jours des haines de dix années. Je fais avec l’armée que j’ai, non avec celle que je voudrais.

Cette ardeur des grands, ce désir d’être au premier rang, ne pouvez-vous en faire une force plutôt qu’un embarras ?

Ce serait la sagesse, et j’y travaille. Le courage ne manque à personne, c’est la mesure qui manque. Ils veulent tous le premier rang, tous la première charge, tous l’honneur d’avoir rompu l’Anglais de leur main. On se dispute une place d’avant-garde comme on se dispute une lice de tournoi, et j’entends déjà, le soir, parler du partage des rançons anglaises avant même que l’ennemi soit en vue. Cette fougue, bien conduite, vaut une armée ; mal conduite, elle nous jette en désordre sur les pieux et les flèches, chacun voulant devancer son voisin. Mon office est de la retenir, de la ranger, de faire qu’elle frappe ensemble et non en désordre. Retenir des lions est plus malaisé que les lâcher. C’est pourtant ce qu’on me demande, et ce que je dois réussir si nous voulons vaincre.

Ne craignez-vous pas le souvenir de Crécy et de Poitiers, où la chevalerie se rua justement sur les archers ?

Je ne le crains pas, je m’en instruis, et je voudrais qu’on s’en instruisît autour de moi. Souvenez-vous de Crécy : voici près de septante ans, le roi Édouard força le gué de Blanchetaque, celui-là même que nous venons de refuser à Henri, puis, deux jours plus tard, en rase campagne, nos pères se ruèrent sur ses archers dans le désordre et la hâte, et s’y firent tailler en pièces. Dix ans après, à Poitiers, le roi Jean lui-même tomba aux mains de l’ennemi, et le royaume paya sa rançon de bien des années de malheur. Ces journées-là ne furent pas perdues par manque de vaillance — nous n’en avons jamais manqué — mais par excès de hâte, par ce beau désordre où chacun veut sa gloire. L’Anglais nous connaît sur ce défaut et joue de lui. Il plante ses archers, se retranche, et attend que notre impatience nous précipite sur ses traits. Sachant cela, le remède est clair : ne pas courir à lui, le laisser venir ou le laisser languir. Encore faut-il qu’on veuille bien m’entendre.

Si, malgré tout, il vous fallait combattre demain, vous sentez-vous assuré de la victoire ?

Assuré, non ; aucun capitaine honnête ne vous dira qu’il est assuré d’une bataille avant qu’elle soit livrée, et celui qui vous le dit se vante ou vous trompe. Confiant, oui. Nous sommes plus nombreux, mieux montés, mieux armés, sur nos terres, contre un ennemi las et affamé qui n’a plus de retraite que par le combat. Toutes les raisons du monde sont pour nous. Mais j’ai vu assez de guerre pour savoir que les raisons ne se battent pas à notre place, et qu’une armée sûre d’elle est déjà à demi en péril. Le sol, le temps, un mouvement mal réglé, un rang qui s’ébranle trop tôt — mille choses décident d’une journée que nul ne tient en main tout entier. Je ferai ce qui dépend de moi : réunir mes forces, choisir mon heure, ranger mes gens. Le reste appartient à Dieu et au hasard des armes.

Un dernier mot, monseigneur. Que dites-vous à ceux qui, au royaume, s’inquiètent de voir l’Anglais si avant dans nos terres ?

Qu’ils se rassurent sans s’endormir. L’Anglais est avant dans nos terres, c’est vrai, mais il y est comme un homme entré trop loin dans une maison dont on a fermé les portes derrière lui. Il ne cherche plus à conquérir, il cherche à sortir, et nous sommes entre lui et la sortie. Il est affamé, il est réduit, il est las, et nous grossissons chaque jour. Nous le tenons à la gorge ; il ne s’agit plus que de bien serrer, et de le serrer au bon moment. Que le royaume me donne quelques jours et un peu de cette discipline qui lui manque, et je réponds de fermer la route à Henri de Lancastre. Priez pour que les nôtres m’entendent : c’est là, plus que sur l’Anglais, que se gagnera cette affaire.

Le contexte

Henri de Lancastre, roi d’Angleterre, a pris Harfleur après un long siège (capitulation le 22 septembre 1415), puis quitté la place le 8 octobre pour gagner Calais par voie de terre.

L’armée anglaise a été très affaiblie par la dysenterie durant le siège de Harfleur ; réduite, elle marche vite en pays hostile, sans convoi de vivres suffisant.

Les forces françaises ont tenu la ligne de la Somme, rompu les ponts et gardé les gués — dont Blanchetaque, refusé à l’ennemi ; l’armée anglaise a franchi la rivière vers le 19 octobre en amont de Péronne, du côté de Béthencourt et de Voyennes.

Le commandement des armes revient au connétable Charles d’Albret et au maréchal Boucicaut ; Charles VI, atteint d’accès de démence depuis 1392, ne commande pas en personne.

Charles d’Albret, cousin germain du roi, fut nommé connétable en 1403, destitué en 1411 au gré des factions, puis rétabli en 1413 ; rallié au parti armagnac, son autorité n’est pas incontestée sur les princes du sang.

Le duc Jean de Bourgogne, dit sans Peur, n’a pas joint ses forces à l’ost royal ; la rivalité des maisons d’Armagnac et de Bourgogne divise le royaume.

La mémoire des défaites de Crécy (1346) et de Poitiers (1356), et le souvenir de la reconquête patiente de Charles V et du connétable du Guesclin, hantent les esprits.

État des informations

Cet entretien s’en tient à ce qu’un capitaine pouvait savoir et calculer les 19 et 20 octobre 1415, au camp de l’ost. Il ne préjuge ni du lieu, ni de la date, ni de l’issue d’un combat qui n’a pas eu lieu, et que rien ne garantit encore.

Ce que l’on sait

  • L’armée anglaise a quitté Harfleur le 8 octobre 1415 et a franchi la Somme vers le 19 octobre, en amont de Péronne, en direction de Calais.
  • Cette armée a été affaiblie par la dysenterie durant le siège de Harfleur ; elle est réduite, lasse et mal approvisionnée, et compte pour l’essentiel des archers.
  • Les forces françaises, conduites par le connétable Charles d’Albret et le maréchal Boucicaut, sont sensiblement plus nombreuses et cherchent à couper la route de Calais à l’ennemi.
  • Charles VI ne commande pas en personne ; l’autorité du connétable sur les princes du sang est réelle mais contestée, et le duc de Bourgogne est absent de l’ost.

Ce que l’on ignore

  • On ignore où et quand les deux armées se joindront, et si une bataille rangée aura lieu ; rien n’est encore décidé à cette date.
  • Les effectifs exacts de part et d’autre demeurent incertains : on ne donne ici que des ordres de grandeur prudents (quelques milliers pour l’Anglais, un ost français plus nombreux).
  • On ne sait si le connétable parviendra à réunir toutes ses bannières à temps, ni à faire prévaloir sa mesure sur l’impatience des grands.

Sources historiques utilisées

secondary

Bataille d’Azincourt — Wikipédia (français)

Consulté pour la marche de Harfleur vers Calais, la défense française de la Somme, le refus de Blanchetaque, le franchissement en amont de Péronne (vers le 19 octobre), le commandement d’Albret et Boucicaut, l’affaiblissement de l’armée anglaise par la dysenterie et les ordres de grandeur des effectifs.

secondary

Charles Iᵉʳ d’Albret — Wikipédia (français)

Consulté pour la biographie du connétable : parenté avec Charles VI, nomination à la charge de connétable en 1403, destitution en 1411, rétablissement en 1413, ralliement au parti armagnac et autorité contestée sur les princes du sang.

secondary

Battle of Agincourt — Wikipedia (anglais)

Recoupement de la chronologie de la marche anglaise, du franchissement de la Somme du côté de Béthencourt et Voyennes, de l’état sanitaire et de l’approvisionnement de l’armée de Henri V, et de la disproportion des effectifs (Curry, Mortimer).

editorial-reconstruction

Reconstitution éditoriale — Aujourd’hier

Cet entretien est fictif. Charles d’Albret est un personnage historique réel, mais aucune citation authentique ne lui est prêtée : ses propos sont une reconstitution calée sur le seul savoir du 20 octobre 1415, sans anticipation de la suite des opérations ni de l’issue d’un éventuel combat.

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