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Les Alliés prennent pied en Norvège

La riposte est engagée. Quinze jours après le coup de main allemand sur le Danemark et la Norvège, des troupes britanniques ont débarqué sur la côte norvégienne, à Namsos puis à Åndalsnes, de part et d’autre du grand port de Trondheim. Des chasseurs alpins français les ont rejointes. La bataille du Nord commence ; son issue, ce matin, reste entière.

La rédaction 19 avril 1940, 07h00 6 min de lecture
Des soldats britanniques marchent au milieu des décombres et des maisons éventrées de Namsos, en Norvège, après un bombardement aérien allemand, en avril 1940.
Captain Keating (War Office official photographer), « Troops pick through the ruins of Namsos after a German air raid » (avril 1940), Imperial War Museum — domaine public (Wikimedia Commons).

Le silence de l’attente, à l’Ouest, n’aura pas tout dit de cette guerre. Depuis l’agression allemande du 9 avril contre le Danemark et la Norvège, on guettait la réponse des Alliés ; elle est venue. Des forces britanniques ont pris pied sur le sol norvégien, et des soldats français les ont suivies. Après des jours où l’on n’avait su que la perte d’Oslo, de Bergen, de Trondheim, voici que les armées de l’entente débarquent à leur tour sur cette côte du Nord. Nous rapportons ce qu’il est permis d’en savoir ce matin, en séparant ce qui est établi de ce qui demeure incertain.

C’est autour de Trondheim, troisième ville du royaume tombée aux mains de l’ennemi, que se concentre l’effort. Pour reprendre ce verrou, les Alliés ont choisi de l’enserrer par le nord et par le sud. Au nord, à Namsos, une brigade britannique a débarqué le 17 avril, dans la nuit ; au sud, à Åndalsnes, une autre a pris terre le lendemain, 18 avril. La pince ainsi dessinée vise, dit-on, à isoler la garnison allemande de Trondheim et à la réduire — dessein que rien, à cette heure, ne permet de tenir pour acquis.

À Namsos, le débarquement s’est fait dans des conditions rudes. Le fjord étroit, les eaux peu profondes ont contraint à transborder les hommes sur des contre-torpilleurs ; la neige couvre encore les abords, où les troupes ont gagné les bois pour s’y abriter. Hier, 18 avril, l’aviation allemande est apparue au-dessus du petit port. Ce matin, des bataillons de chasseurs alpins français y débarquent à leur tour, sous le feu venu du ciel : la petite ville de bois, nous dit-on, a beaucoup souffert des bombes.

Du côté allié, on commande aux opérations du nord un général britannique réputé pour son intrépidité, et le contingent français y est conduit par un officier de nos troupes de montagne. On comprend, à les voir débarquer skis et anoraks, que ces hommes sont taillés pour la guerre des neiges qui les attend dans ces vallées encore prises par l’hiver. Mais l’ennemi tient les villes, les voies ferrées et, surtout, le ciel : son aviation, partie des aérodromes saisis, frappe à loisir des colonnes que rien ne couvre.

Plus au nord, autour de Narvik, la situation demeure confuse. Les Allemands se sont emparés de la ville le 9 avril ; mais la flotte britannique leur a, depuis, infligé de durs coups dans le fjord, coulant leurs destroyers les 10 et 13 avril. On parle de forces alliées rassemblées dans ces parages pour reprendre le port par où s’écoule, l’hiver, le minerai de fer suédois. De ce qui s’y prépare, et de ce qu’il en adviendra, nous ne pouvons rien affirmer.

Ainsi la guerre, longtemps figée sur le front de l’Ouest où les armées se font toujours face sans s’étreindre, a-t-elle trouvé son champ de bataille au bord des fjords. Les Alliés ont voulu montrer qu’ils ne laisseraient pas la Norvège sans secours. Reste à savoir s’ils pourront, sur ce terrain difficile et sous une aviation maîtresse de l’air, refouler l’envahisseur. La question, ce matin, est ouverte ; les jours qui viennent y répondront.

Le contexte

Le 9 avril 1940, l’Allemagne a envahi simultanément le Danemark, qui n’a pas résisté, et la Norvège, où elle s’est emparée par surprise d’Oslo, de Bergen, de Trondheim, de Kristiansand et de Narvik.

Depuis l’automne 1939, le front de l’Ouest demeure figé : les armées française et allemande se font face sans engagement d’envergure.

Le port de Narvik commande, l’hiver, l’acheminement du minerai de fer suédois vers l’Allemagne, ce qui en fait un enjeu majeur pour les belligérants.

État des informations

Cette édition s’en tient à ce qui est connaissable au matin du 19 avril 1940 : des débarquements attestés et une bataille engagée. La campagne est en cours et son issue est inconnue ; nous ne préjugeons ni du succès des Alliés, ni du sort de Trondheim ou de Narvik. Les mouvements rapportés sans confirmation sont signalés comme tels.

Ce que l’on sait

  • L’Allemagne a envahi le Danemark et la Norvège le 9 avril 1940 et s’est emparée des principaux ports, dont Trondheim et Narvik.
  • Une brigade britannique a débarqué à Namsos, au nord de Trondheim, le 17 avril 1940.
  • Une autre brigade britannique a débarqué à Åndalsnes, au sud de Trondheim, le 18 avril 1940.
  • Des bataillons de chasseurs alpins français débarquent à Namsos le 19 avril, sous bombardement aérien allemand ; la ville, bâtie en bois, est gravement endommagée.
  • La flotte britannique a coulé des destroyers allemands dans le fjord de Narvik les 10 et 13 avril 1940.

Ce que l’on ignore

  • L’issue de la campagne de Norvège est inconnue : on ignore si les Alliés parviendront à reprendre Trondheim.
  • Le sort de Narvik reste indécis ; aucune reprise de la ville n’est acquise.
  • On ignore si les forces alliées pourront, sous la maîtrise allemande du ciel, refouler l’envahisseur.
  • L’ampleur et la composition exactes des forces alliées engagées ou en route ne sont pas connues avec précision.

Sources historiques utilisées

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Campagne de Norvège — Wikipédia

Invasion allemande du 9 avril 1940 ; débarquements britanniques à Namsos (Mauriceforce, 146ᵉ brigade, général Carton de Wiart) le 17 avril et à Åndalsnes (Sickleforce, 148ᵉ brigade, général Paget) le 18 avril ; objectif Trondheim ; supériorité aérienne allemande. Éléments postérieurs au 19 avril 1940 (évacuation, issue) écartés.

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Campagne de Namsos — Wikipédia

Débarquement britannique à Namsos le 17 avril, débarquement des chasseurs alpins français le 19 avril sous bombardement (général Audet, 5ᵉ demi-brigade), transbordement sur contre-torpilleurs, destruction de la ville de bois par l’aviation allemande, objectif Trondheim. Issue de la campagne écartée comme postérieure à la date.

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Bataille de Narvik — Wikipédia

Prise de Narvik par les Allemands le 9 avril, victoires navales britanniques des 10 et 13 avril 1940 dans le fjord. Consulté pour la situation indécise au 19 avril ; suites postérieures écartées.

editorial-reconstruction

Reconstitution journalistique

L’article simule une dépêche du matin du 19 avril 1940, au moment où la riposte alliée s’engage en Norvège sans que son issue soit connue. Les formulations à chaud imitent un quotidien du moment ; rien n’est affirmé au-delà du connaissable à cette date.

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